. L’Apad en Bretagne avec Base

. Un référentiel technico-économique avec l’Inra

. Nos rendez-vous

. Autres rendez-vous

. Comptes-rendus d'activités

. Le congrès mondial

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

. L’Apad en Bretagne avec Base Retour

L’association BASE – Bretagne Agriculture Sol Environnement a pour but sur toute la BRETAGNE de :

n    Faire connaître les Techniques Culturales Simplifiées par toutes communication ou manifestations sous quelques formes quelles soit

n    Lancer les études ou les expérimentations ayant pour but de mieux connaître les effets agronomiques des Techniques Culturales Simplifiées

n    Favoriser l’accompagnement et le suivi des techniciens et les agriculteurs intéressés par les Techniques Culturales Simplifiées.

n    Etre le relais régional de l’APAD.

Consultez le site internet de Base

Voir les statuts de l’association

 

 

 

 

 

 

 

STATUTS DE L’ASSOCIATION BASE

(BRETAGNE AGRICULTURE SOL ET ENVIRONNEMENT)

ANTENNE REGIONALE DE L’APAD

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PREAMBULE

L’association Bretagne Agriculture Sol et Environnement est issue d’un groupe de personne qui placent les Techniques Culturales Simplifiées comme piliers d’une agriculture respectueuse de l’environnement et durable. Les personnes fondatrices ne travaillent pas dans les mêmes entreprises où organismes para-agricoles mais se sont rencontrées au cours de différentes journées techniques. Devant la conviction de ce groupe de personnes, il devenait urgent de structurer les informations et les actions dans le but de faire connaître et de développer la pratique des Techniques Culturales Simplifiées.

ARTICLE 1 : Nom de l’association

Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, ayant pour titre : BRETAGNE AGRICULTURE SOL ET ENVIRONNEMENT, désignée habituellement par le nom BASE.

ARTICLE 2 : Objet de l’association

Cette association a pour but sur toute la BRETAGNE :

n    Faire connaître les Techniques Culturales Simplifiées par toutes communication ou manifestations sous quelques formes quelles soit
n    Lancer les études ou les expérimentations ayant pour but de mieux connaître les effets agronomiques des Techniques Culturales Simplifiées
n    Favoriser l’accompagnement et le suivi des techniciens et les agriculteurs intéressés par les Techniques Culturales Simplifiées.
n    Etre le rRelais régional de l’APAD.

ARTICLE  3: Siège de l’association

Le siège social est fixé à RENNES.

Il pourra être transféré par simple décision du conseil d’administration.

ARTICLE 4 : Les membres

L’Association se compose de Membres Actifs, personnes physiques adhérant aux présents statuts et s’engageant à contribuer aux actions BASE.

L’association se réserve le droit d’associer à titre de membres consultatifs d’autres personnes se situant dans la mouvance de son action.

ARTICLE 5 : Admission

Pour devenir membre, il faut faire acte de candidature par écrit. .

Le bureau statue à l’unanimité, lors de chacune de ses réunions, sur les demandes d’admission présentées. Ces admissions seront ratifiées par l’assemblée générale.

ARTICLE 6 : Radiation

La qualité de membre se perd par :

n    Démission
n    Décès
n    Radiation prononcée par le bureau pour défaut de cotisation ou pour motif grave, l’intéressé ayant été invité par lettre recommandée à se présenter devant le bureau pour fournir des explications.

ARTICLE 7 : Ressources et Dépenses

L’association est habilitée à recevoir les subventions de l’Europe, de l’Etat, de la Région, des Départements et les dons des particuliers ou de toutes personnes morales. Elle est également habilitée à effectuer les règlements relatifs aux travaux, études, analyses entrepris pour réaliser ses objectifs ainsi qu’au fonctionnement de l’association (indemnités du Président ou de son délégué, secrétariat, techniciens, vacataires...).

ARTICLE 8 : Le conseil d’administration

L’association est administrée par un Conseil d’Administration composé de 4 à 10 membres.

Les Administrateurs sont élus par l’Assemblée Générale parmi les membres actifs ayant fait acte de candidature. Ils sont élus pour deux ans et rééligibles.

L’APAD désignera un de ses administrateurs qui sera membre de droit du CA de BASE.

Le conseil étant renouvelé tous les deux ans par moitié, la première année, les membres sortants sont désignés par le sort.

En cas de vacances, le conseil pourvoit provisoirement au remplacement de ses membres.

Il est procédé à leur remplacement définitif par la prochaine assemblée générale.

Les pouvoirs des membres ainsi élus prennent fin à l’époque où devait normalement expirer le mandat des membres remplacés.

Le Conseil d’Administration peut nommer un délégué pour représenter l’Association lors d’opérations particulières.

Article 9 -  Bureau

Le Conseil d’Administration délègue tout ou partie de ses pouvoirs à un Bureau composé au minimum de :

            - un Président
            - un Vice-Président
            - un Secrétaire Général
            - un Trésorier

Les membres du Bureau sont élus chaque année par le Conseil d’Administration au scrutin uninominal et à la majorité des membres présents ou représentés. Ils sont rééligibles. Les membres du Bureau sont habilités à représenter l’Association.

ARTICLE 10: Droit de vote

Un membre du conseil d’administration empêché d’assister à une réunion du conseil prévient le secrétaire et peut donner à un autre membre du conseil de son choix un pouvoir écrit de voter en son nom. Un même membre du conseil ne peut être porteur que d’un seul pouvoir. Sauf cas de maladie dûment constatée, le mandat toujours révisable ne peut être valable pour plus de trois séances consécutives.

Ne comptera pas dans le quorum, le membre qui, empêché d ‘assister à la séance, aura donné pouvoir à un collègue de voter en son nom.

ARTICLE 12 : Réunions

Le Conseil d’Administration se réunit au moins une fois par an et chaque fois qu’il est convoqué par son Président ou sur la demande de la moitié au moins de ses membres.

Chaque Administrateur dispose d’une voix ; les décisions du Conseil d’Administration sont prises à la majorité simple des membres présents ou représentés, à l’exception des nouvelles admissions et du contenu des communications externes, qui requièrent l’unanimité.

En cas de partage, la voix du président est prépondérante.

ARTICLE 13 : Assemblée Générale ordinaire

L’assemblée générale ordinaire comprend tous les membres actifs de l’association.

Seuls les membres actifs à jour de leur cotisation ont droit de vote.

L’assemblée générale ordinaire se réunit chaque année.

Quinze jour au moins avant la date fixée, les membres de l’association sont convoqués par les soins du secrétaire. L’ordre du jour est indiqué par les convocations.

Le président préside l’assemblée et expose la situation morale de l’association.

Le trésorier rend compte de sa gestion et soumet le bilan à l ‘approbation de l’assemblée.

ARTICLE 14 : Règlement intérieur

Un règlement intérieur peut être établi par le conseil d’administration. Ce règlement éventuel est destiné à fixer les divers points non prévus dans les statuts, notamment ceux qui ont trait à l’administration interne de l’association.

ARTICLE 15 : Dissolution

En cas de dissolution prononcée par les deux tiers au moins des membres du conseil d’administration, un ou plusieurs liquidateurs sont nommés par ceux-ci et l’actif, s’il y a lieu, est dévolu conformément à l’article 9 de la loi du 1er juillet 1901 et au décret du 16 août 1901.

BASE a organisé avec l’Apad une conférence sur les effets bénéfiques des TCS sur l’environnement les 28 février 2001 et une journée de visite de terrain le 1er mars 2001 à Rennes.

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. Un référentiel technico-économique avec l’Inra Retour

L’APAD a engagé pour les années 2001, 2002 et 2003 une étude avec l’Inra en coopération avec l’Itcf afin d’identifier les facteurs de succès en TCS, leurs avantages et leurs limites au niveau de l’exploitation agricole.

Il s’agit de créer un référentiel technico-économique, sorte de panel ou d’observatoire permettant de suivre pendant trois ans un certain nombre d’exploitants dans trois régions représentatives afin de dégager des résultats globaux sur les effets et les résultats des TCS, résultats qui pourront ensuite être extrapolés, avec les précautions qui conviennent.

L’étude consistera à réunir les données de comptabilité analytique mais aussi les données agronomiques et plus largement sur l’environnement d’un groupe d’une trentaine d’exploitations pratiquant les TCS depuis au moins 2 ans. Les résultats de ces exploitations seront rapprochés des résultats moyens d’exploitations voisines et comparables sur le plan de la taille, de l’assolement , du contexte pédoclimatique.

. Nos rendez-vous Retour

L'APAD au SIMA 2003: un stand et 5 conférences

L'Apad sera présente sur l'espace Bonnes Pratiques Agricoles (Hall 5 B Stand A 70) du SIMA (23 au 27 février 2003 au parc des expositions de Paris Nord Villepinte (renseignements: SIMA: www.simaonline.com). Cet espace institutionnel regroupe pour la première fois 18 partenaires: ADIVALOR, AGPM technique, APAD, APCA, CETIOM-UNIP, CFCA, ITB, CNCER, CNIPT, FARRE, FNSEA, ITCF, MAAPA, MSA, Phytomieux, SAF, COMIFER. L'objectif est de proposer aux agriculteurs des réponses concrètes pour les accompagner dans leur démarche de qualification. Les visiteurs pourront s'informer sur les bonnes pratiques agricoles, gage de l'agriculture raisonnée et préalables à la qualification des exploitations agricoles.Les techniques de conservation des sols font ainsi partie "officiellement" de ces réponses concrètes. Afin de les illustrer, l'Apad organise chaque jour une conférence de 30 minutes sur l'une des facettes de l'agriculture de conservation des sols.

Toutes ces conférences se tiendront également le même jour de 16H30 à 17H30 dans la salle 701 du hall 5B en collaboration avec la revue TCS-CULTIVAR.

Conférences Apad sur l'espace BPA (stand A70 Hall 5B) :

Dimanche 23 février 15H30
Le sol, un patrimoine à re-découvrir et protéger : Claude BOURGUIGNON laboratoire de microbiologie des sols
Témoignage agriculteur : Bruno HYAIS (45)

Lundi 24 février 10H00
Matiére organique, carbone et crédit carbone : Frédéric THOMAS et François FALLOUX (EcoCarbone)
Témoignage agriculteur : Jean-François SARREAU (29)

Mardi 25 février 12H00
Le Semis direct dans les pays du Sud : Francis FOREST Cirad
Témoignage agriculteur : Jean-Claude QUILLET (37)

Mercredi 26 février 10H30
Lutte contre l'érosion et protection des eaux : René DELOUVEE Président de l'Apad
Témoignage agriculteur : Jean Paul ROBERT (81)

Jeudi 27 février 15H30
Biodiversité : indicateur et moteur de l'Agriculture de Conservation : Philippe GRANVAL
Témoignage agriculteur : Jacques HICTER (02)

 

 

Conférences APAD/BASE "Réchauffement Climatique : que peut faire l'agriculture ?

des 16 et 17 décembre 2002 à Ploermel et Montargis
COMPTE-RENDU

Avec l'adoption généralisée, sur les surfaces adaptées, de techniques de conservation des sols, l'agriculture pourrait réaliser en quelques années prés de la moitié des engagements européens de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. C'est en substance le message délivré par Don Reicosky de l'USDA et Friedrich Tebruëgge de l'université de Giessen, deux spécialistes mondialement reconnus de l'agriculture de conservation. Indépendamment des avantages agronomiques, environnementaux et économiques que ces techniques peuvent procurer aux agriculteurs, un "marché" du carbone est en train de se mettre enplace. des exemples de réalisations et des perspectives de valorisation ont été exosés par la société Ecocarbone.

Pour recevoir les Actes complets du colloque au format PDF et en français dont la présentation pour la première fois en France des travaux de Don Reicosky chercheur américain de l'USDA et spécialiste mondial du carbone, cliquez ici: commander les Actes Au prix de 20 € franco de port.

RAPPEL DU PROGRAMME

9h00-10h00 : Introduction " quel temps ferons-nous demain ? "
Frédéric THOMAS : Kyoto, réglementations et ensemble des pistes envisagées pour limiter
le réchauffement climatique.

10h00-11h00 : Agriculture et effet de serre
Michel Robert : Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable


11h00-12h30 : Influence du travail du sol sur la matière organique et les émissions de CO2
Don Reicosky : Chercheur et agronome américain (USDA)

Table ronde et échange avec la salle

13h30-14h30 : Repas sur place

15h00-15h30 : Exemple étranger de contrat incluant une partie séquestration du carbone:
La cogénération au Brésil
François Falloux : Eco Carbone

16h30-17h30 : Quel sont les niveaux de séquestration possible en France, en Europe, et pour
quels bénéfices environnementaux ?
Friedrich Tebruegge : chercheur et agronome Allemand et représentant de l'ECAF

17h30-18h30 : Table ronde et échange avec la salle.

Colloque INRA-MEDD "Stocker du Carbone dans les sols agricoles en France"

Une journée de restitution de l'expertise collective que l'Inra a réalisé à la demande du ministère de l'Environnement s'est déroulée le 15 janvier 2003 . L'Apad y a participé à l'occasion d'une table ronde.
La question posée à l'Inra était : " Peut-on contribuer à lutter contre l'effet de serre en stockant du carbone dans les sols agricoles de France ? "

Nous proposons ici deux documents:

Un compte rendu synthétique de la journée et

Une note de commentaire et de suggestions de l'Apad

COMPTE-RENDU

Résumé
Il ressort de cette expertise les principaux enseignements suivants :
. Oui il est possible de stocker du C additionnel en changeant soit l'usage des terres agricoles (prairie, afforestation), soit les pratiques (non labour) . La voie du stockage par changement de pratique semble la plus prometteuse.
. Les quantités stockables sont relativement faibles : de 1 à 5 Mt - fourchette large ou de 1 à 3 MT - fourchette réduite, mais néanmoins significatives rapportées à l'effort national attendu dans le cadre du protocole de Kyoto. (La France émet 133 Mt de C par an). Le stockage est limité dans le temps (environ 40 ans).
. Des incertitudes existent sur :
- les quantités stockables annuellement en non labour
- la réversibilité des pratiques des agriculteurs
- la manière de mesurer les gains donc le bilan économique de l'ensemble (le coût de la mesure ne risque t-il pas d'excéder le bénéfice attendu ?)
. Ces incertitudes conduisent à penser que le stockage du carbone ne peut justifier à lui tout seul un changement de pratiques, mais :
. Les pratiques tendant à stocker du C présentent systématiquement d'autres bénéfices environnementaux : limitation de l'érosion, amélioration de la qualité des eaux et des sols, économie d'énergie fossile, biodiversité plus élevée,…Des consommations supplémentaires d'herbicides peuvent néanmoins être redoutées.
. Toute politique de ce type aura nécessairement une dimension territoriale forte.

La demande du MEDD
Dominique Bureau de la direction des études économiques et de l'évaluation environnementale du MEDD détaille les demandes de son Ministère : disposer d'un recensement des méthodes possibles, quelles sont les mesures d'encouragement à mettre en place ? , faut-il rémunérer le carbone ou l'exploitation ou les pratiques ?, Y a t-il des effets convergents sur le C, l'érosion, les paysages ?

Le contexte effet de serre
Dominique Dron présidente de la mission interministérielle de l'effet de serre rappelle les enjeux de la lutte contre les gaz à effet de serre et des négociations post protocole de Kyoto. Celui-ci autorise les Etats à décompter de leurs émissions de GES (gaz à effet de serre) la séquestration de GES induite par des " activités supplémentaires " L'article 3.4 porte sur " l'utilisation des terres, les changements d'affectation des terres et la foresterie ". La France dont les émissions de CO2 sont déjà relativement faibles aura du mal à les réduire encore ; étant donné l'importance de ses surfaces agricoles, elle est logiquement intéressée par le piégeage potentiel dans ses sols.
Dominique DRON donne dés le début le ton du colloque en élargissant le sujet à la protection des sols : " la fertilité des sols est une ressource à peine moins durable que le climat ". Elle évoque également la " question " phytosanitaire ( " il ne doit pas y avoir de dégâts collatéraux " qui sera très peu évoquée le reste de la journée.

La protection des sols nouvel enjeu européen
Michael Hammel (Irlandais) de la DG environnement de la Commission Européenne présente les travaux qu'il a conduit sur la protection de sols et qui ont fait l'objet d'une communication de la Commission au printemps 2002. M. Hammel livre son credo : l'éco-conditionalité et l'obligation de maintenir les sols en bon état devront être les deux instruments PAC pour la protection des sols. Il souhaite : " mettre dans la PAC quelque chose de visible pour la protection des sols menacés d'érosion, de perte de mo (matière organique), d'accident de structure et de salinisation ". Madame la Ministre Bachelot fera , en clôture de journée, longuement allusion à cette communication sols qu'elle avait soutenue lors de son premier conseil des ministres de l'Environnement à Malaga au printemps dernier.

Déjà une expertise européenne
Annette Freibauer du Max Planck Institute of Biogeochemistry donne les conclusions d'une première expertise européenne concluant déjà à une possibilité de stockage du carbone dans les sols avec des effets environnementaux positifs. Les chiffres retenus dans cette expertise sur la quantité de C additionnel stockable avec le non labour sont de 0 ,6 t à 0,7 t C/ha/an . D'autres voies sont également explorées et validées par ce rapport européen : les apports organiques (non retenu par l'expertise inra parce que déjà restitués au sol au jour d'aujourd'hui), l'afforestation, le biofuel, l'agriculture biologique.

Une expérience canadienne positive
Au Canada, des expériences menées sur 6 sites en conditions réelles chez des agriculteurs font état d'un stockage de 0,73 t à 1,34 t C/ha/an en semis direct sur les anciennes prairies retournées du centre du pays avec une moyenne de 0,54 t dans le reste du Canada. Philippe Rochette agro-météorologue de Agriculture et Agro-alimentaire Canada précise que le semis direct est passé de 2 millions d'ha en 1990 à 8 millions en 2001 avec des prévisions à 16 millions d'ha en 2008 (NDLR : terres arables = 45 Mha au Canada) qui permettrait de stocker 4 Mt de carbone par an (15 millions de tonnes de CO2 donc 4 millions de tonnes de Carbone )
Un autre intérêt de cette intervention tient au système d'évaluation des quantités stockées qui repose sur le suivi de " polygones pédo-climatiques " (4000 polygones de 1000 à 100 000 ha sont décrits). Pour Philippe Rochette l'incertitude sur les quantités stockées (l'un des points fondamentaux de l'expertise Inra) est relativement faible au niveau national même si elle peut être importante au niveau local. Il précise que pas moins de 20 à 25 projets de recherche sont conduits annuellement sur ce thème du stockage du C.

Expertise Inra : oui, mais
Dominique Arrouays Inra Orléans expose les poins saillants de l'expertise pluridisciplinaire qu'il a dirigée.
D'abord, les stocks de C dans nos sols sont de 3,1 milliards de tonnes, ce qui signifie qu'une faible augmentation est néanmoins significative. Méthodologiquement, il note que la durée sur laquelle les calculs sont effectués est importante et peut être source de difficulté de comparaison : plus la durée est longue plus la quantité annuelle est faible. Si on interrompt la nouvelle pratique, on perd plus rapidement le bénéfice accumulé (c'est un autre point fondamental du débat). Le chiffre retenu de 0,2 t C/ha /an plus ou moins 0,13 t pour l'abandon du labour est fondé sur la littérature internationale. Et, remarque t-il, " les essais qui ne stockent pas ne sont pas publiés !!! "). Il y a aussi plusieurs manières de comptabiliser les apports de mo (fumiers et déchets). Le " semis direct " est réalisable sur 70 % des terres arables en France chiffre obtenu en excluant les zones à fortes pentes et les sols hydromorphes.
Première difficulté rapportée : des simulations montrent que la durée de mesure, de l'ordre de 20 ans, est supérieure à la durée d'engagement qui est de l'ordre de 10 ans. Autre difficulté : la durée d'engagement sachant que les agriculteurs ne pourront (voudront ?) pas s'engager sur 20 ans.l'Inra a donc cherché à quantifier l'effet d'un retournement occasionnel du sol sur la quantité de C stockable. Il s'en suit l'hypothèse de l'expertise d'un retournement des sols tous les 4 ans rendu nécessaire par de mauvaises conditions climatiques au moment des implantations ou à des fortes dégradations de la structure des sols occasionnés par des récoltes tardives, ou encore à des problèmes de maîtrise des adventices.A partir des résultats de Boigneville et à l'aide d'un modèle mathématique de simulation de l'évolution des stocks de C dans un sol cultivé, l'INRA a montré qu'un labour tous les 4 ans faisait perdre près de la moitié du Carbone stockée en non labour définitif.

Ministère de l'Agriculture : prudence
51 % des mesures agro-environnementales retenues par la France stockent du carbone commence Jean-Claude Vial sous-directeur de l'espace rural et des forêts au ministère de l'Agriculture chargé de l'aménagement et de la gestion de l'espace rural. Un effet négatif d'une éventuelle rémunération du C serait selon le Ministère une aide supplémentaire aux grandes cultures, au détriment, relativement, des autres productions agricoles.

Table ronde sur l'applicabilité : des avis complémentaires
Pour Guy Richard, Inra Agronomiel Laon et coauteur de l'expertise, le choix de la rotation peut être très important pour la restructuration du sol et la gestion des adventices. Il ajoute que l'augmentation du poste herbicide ainsi que, selon lui, la nécessaire acquisition d'un matériel spécialisé (de semis et de récolte) constituent des freins économiques ou environnementaux à la pratique généralisée de la suppression définitive du travail du sol profond .

Denis Le Chatelier délégué général de l'Apad fait plusieurs observations :
. le non labour est déjà pratiqué avec succès dans la quasi totalité des contextes pédo-climatiques français, y compris dans des systèmes de culture à priori moins favorables avec betteraves et pommes de terre sur limons battants du nord. Il présente une revue de presse française compilant des reportages sur des expériences réussies dans la majorité des départements de grandes cultures. Les agriculteurs pratiquant ces itinéraires de " non labour " ont en commun de :
- chercher à baisser leurs coûts de production
- constater que leurs sols s'épuisent, s'appauvrissent, ne fonctionnent plus correctement, voire disparaissent tout simplement alors que les sols sont le premier objet de la durabilité c'est à dire de leur propre durabilité
- l'intuition qu'un sol qui fonctionne bien (physiquement , chimiquement, biologiquement) contribue à une production de qualité, et contribue à protéger l'environnement
. l'expression " non labour " semble à la fois trop restrictive et trop floue. Les itinéraires dits " simplifiés " recouvrent en fait de 4 ou 5 à 1 seule façon culturale. Il conviendrait plutôt de tenter d'associer des bénéfices ou des bilans " agro-éco-environnementaux " à des systèmes de culture (= un sol, un climat, des intrants, une succession de cultures, des pratiques culturales). On pourrait ainsi déterminer les systèmes de culture cumulant les bénéfices agronomiques (les plus importants in fine) et environnementaux (dont mais pas uniquement la lutte contre l'effet de serre) , conduisant à ce qui est appelé l'hypothèse " gagnant-gagnant " , plutôt que d'observer et de noter un existant nécessairement imparfait car embryonnaire.
Et bien sûr, c'est le semis direct sous couverture morte ou dévitalisée dans le cadre de rotations adaptées qui est le système cumulant le plus grand nombre de bénéfices. Ce système est maintenant reconnu internationalement (congrès de Madrid 2001) sous le vocable d' " Agriculture de Conservation ".
. il précise la notion de période de transition qui lui semble insuffisamment prise en compte. En effet les exploitations, et surtout les essais observés qui fondent les communications scientifiques sur ce sujet, sont trop souvent justement en période de transition. Or, l'AC (Agriculture de Conservation) comme tout système complexe ne peut démontrer son plein intérêt que lorsqu'il tend à l'équilibre.
. l'applicabilité des mesures est à envisager en dynamique. A la question : " combien d'agriculteurs pourraient aujourd'hui durablement adopter le non labour pour stocker davantage de carbone, avec des bénéfices additionnels économiques et agro-environnementaux ?", l'Apad aurait préféré la question, le défi suivant: " quelle science manque t-il aujourd'hui aux agriculteurs français pour qu'ils adoptent les systèmes de culture (et non des pratiques culturales) durables, dont l'un des bénéfices serait le stockage additionnel de carbone ? ". Cette science c'est pour l'Apad, le bon choix et la bonne gestion des couverts, le bon choix des variétés, la fertilisation adaptée, et tout le conseil en développement y afférant. Plus en amont même, l'Apad estime que l'AC a besoin d'une meilleure connaissance fondamentale de la biologie des sols et de ses effets, in fine, sur la fertilité, d'une génétique adaptée (plus de vigueur germinative par exemple, plus de tolérance au froid au moment de la germination,..), d'une chimie adaptée (des molécules peu agressives sur la macro et micro faune du sol) et, toujours, des matériels adéquats.

La question de l'apport exogène de matière organique fait l'objet d'un débat sur sa contribution ou non au problème posé. Isabelle Feix de l'Ademe cite des études qui tendraient à relativiser la conclusion de l'expertise sur ce sujet.

Luc Guyau, agriculteur, président de l'APCA rappelle la grande adaptabilité des agriculteurs qui ont su et sauront changer leurs pratiques si tant est que la cohérence soit de mise illustrant son propos par un bon mot : " on ne peut vouloir en même temps plus de prairies et moins de vaches ".

Gilles Thévenet directeur scientifique d'Arvalis (Itcf + Agpm technique) note pour sa part qu'en matière d'environnement il faut respecter la diversité et que le non labour n'est sans doute pas la panacée universelle. " Ne pas déstocker le carbone, c'est aussi bien " note t-il en évoquant notamment la bioénergie : " le carburant vert produit sur un hectare c'est l'équivalent de 3 tonnes de carbone économisées par rapport à de l'énergie fossile, soit un rapport de 1 à 10 environ comparé à la solution puits de carbone "

Francis Forest du Cirad témoigne de l'ancienne et profonde expérience de son organisation qui initie et accompagne dans les pays du Sud des projets de développement de l'agro-écologie basés sur les " SCV " Systèmes de culture sur couverture végétale. Les résultats obtenus en terme de carbone sont de 1 à 3 tonnes /ha, des performances dûes au climat mais aussi au système de culture. Ces résultats s'observent là encore sur tous les types d'agriculture : industrielle au Brésil par exemple et paysanne donc très peu mécanisée à Madagascar ou…en France à La Réunion.

Vers une politique du carbone agricole ? en tous cas pas toute seule
Arthur Riedaker de la Mission interministérielle de l'effet de serre met en garde contre le risque de se voir imposer par d'autres pays des méthodes de stockage du C que l'on ne saurait justifier objectivement. Autrement dit il s'agit de développer nos connaissances pour pouvoir mesurer à moindre coût les quantités supplémentaires de C stockées grâce à des changements de pratiques, ces mesures devant être opposables. Pour Arthur Riedaker, trois points restent en suspens : notre capacité à mesurer des variations de stock en 5 ans, l'impact des herbicides et l'intérêt des agriculteurs.
L'économie du carbone agricole laisse en tous cas très réservé le ministère de l'Economie qui s'exprimait par la voie de Véronique Massenet de la DREE : " avec une estimation de la valeur de la tonne de C02 à 3 US$ ça ne vaut pas le coup ". La DREE évoque la taille critique nécessaire pour la gestion d'un projet carbone qui devrait être de 0,5 Mt de CO2 par an ce qui implique un projet industriel à grande échelle mêlant du non labour sur une grande surface à une production industrielle associée mettant en œuvre elle même des procédés économes. Attention aussi à la compétitivité environnementale qui pourrait être mise en évidence par ce type de projets et Véronique Masset de citer le cas du sucre où la canne peut se targuer de meilleures performances sur ce plan que la betterave. En substance la position de la DREE est que le seul volet effet de serre n'est pas " jouable " et qu'il faut donc d'autres volets environnementaux ce dont ce dossier ne manque pas.

L'expertise collective complète ainsi qu'un communiqué et un résumé sont disponibles sur le site inra à l'adresse : www.inra.fr/actualites/rapport-carbone.html

COMMENTAIRES ET SUGGESTIONS DE L'APAD

L'APAD pense que cette expertise est favorable à l'agriculture de conservation en ce qu'elle constitue la première position officielle (et pluridisciplinaire) sur les avantages environnementaux quasi-systématiques et sur le concept même de puits de carbone.

En revanche, nous attirons l'attention sur les points suivants :
. le défaut de caractérisation du " non labour ". Ce terme générique est trompeur car il recouvre des pratiques allant de la seule absence de retournement vertical mais incluant un travail qui peut d'ailleurs être profond, répété et sur toute la surface travaillée, jusqu'au semis direct sur couverture végétale morte ou dévitalisée ou le travail du sol se limite à une incision du sol. Les effets attendus en terme de stockage du carbone ne peuvent être les mêmes. De plus, l'agriculture dite de conservation (Congrès international Madrid 2001) en alliant le non labour à la couverture permanente du sol et à des rotations adaptées est le système de culture qui est susceptible de maximiser les avantages agro-environnementaux et singulièrement la quantité de carbone stockable. Ces bénéfices apparaissent lorsque le système est à l'équilibre au bout de quelques années de pratique, durée variable selon l'état de départ. La matière organique est sans doute le témoin et l'indicateur synthétique le plus spectaculaire d'une amélioration des sols. Indépendamment des querelles sur la porosité qui influe de façon marginale sur la quantité totale de mo. L'étude Inra UMR Economie publique Grignon " Performances économiques et environnementales en techniques culturales simplifiées et en labour " conclue d'ailleurs à une différence significative (de + 30 à + 70 %) de l'indicateur Indigo mo dans les exploitations du référentiel.

. l'estimation des quantités de carbone. La moyenne retenue dans le rapport de 0,2 t de C par ha et par an (scénario sur 20 ans) nous semble excessivement prudente. En effet, la fourniture de biomasse supplémentaire laissée en surface alliée au non travail total conduit à un stockage plus important. De plus, la littérature internationale fournit d'autres données ; par exemple :0,5t/ha/an en non labour seul, et 0,7 t/ha/an en semis direct pour Tebrügge (université de Giessen) à , 0,3 t en " semis direct intensif " à 1,1 t en semis direct + rotations + couverts de légumineuse pour Pretty et Ball (Université d'Essex) ou 0,6 à 0,7 t pour le Max Planck Institute of Biogeochemistry, ou 0,18 t à 0,6 t pour Smith et Al en semis direct, ou encore 0,53 t en moyenne au Canada pour Philippe Rochette (Agriculture Canada) ou enfin 0,66 t à 1,3 t en semis direct sous couvert de légumineuses et avec de longues rotations pour Reicosky (Université de Morris). A noter que toutes ces références sont obtenues sur des sols froids et sous des climats septentrionaux. En outre, le modèle " Hénin-Dupuis " utilisé dans l'expertise sous-estime la perte de carbone occasionnée par le labour (et partant le stockage additionnel avec le non labour) le travail du sol étant à l'époque de la constitution du modèle beaucoup moins agressif qu'aujourd'hui. Le K2 retenu est de 1,5 % alors que l'on sait maintenant que cette valeur varie de 3,5 à 4 %. (FARDEAU et al 1998 " Taux net annuel de minéralisation de la matière organique des sols de grande culture de Beauce, conséquence pour l'azote " Communication du Gemos pp 27-40 Inra Dijon).
Les pertes de matière organique donc de carbone dues à l'érosion hydrique, éolienne et aratoire méritent également d'être prises en compte pour entrer dans le bilan général.

. l'augmentation du recours aux herbicides. Une diminution sensible du recours aux herbicides peut être atteinte grâce aux effets combinés allélopathiques provoqué par les successions culturales et par les plantes de couverture adaptées. En tout état de cause, la période de transition est davantage sujette à une augmentation de la charge herbicide qui diminue sensiblement lorsque le système arrive à l'équilibre.

. la dynamique et la permanence d'adoption de l'AC : l'expertise prend pour hypothèse une certaine versatilité des pratiques des agriculteurs fondée sur
l'occurrence d'évènements climatiques (récoltes tardives, automne ou printemps très pluvieux) et sur des difficultés parasitaires ou de salissements nécessitant un labour occasionnel, tous les 4 ans en hypothèse. Nous pensons que si des échecs
sont inévitablement à prévoir, le taux retenu est beaucoup trop pessimiste. Pour l'Apad, les conditions de réussite de l'AC sont liées à à un ensemble de facteurs:
- la composition des sols (taux d'argile,...)
- le climat (automne humide,..)
- les cultures (plantes sarclées, mais ensilage,...)
- l'historique de la parcelle (mo, compaction, salissement,...)
- la gestion du salissement, le parasitisme
- l'état de santé économique préalable de l'exploitation et la période choisie
pour la transition (attention au sur-investissement)
- le niveau de formation / information / motivation de l'agriculteur sur l'approche systémique ("fonctionnement physique, biologique, hydrique " du sol, donc gestion de la couverture et de la rotation).

Ces items ne sont pas des raisons d'exclusion d'accès à la technique ou d'explications d'échecs annoncés. La présence de ces difficultés doit conduire à une adoption progressive et/ou une adaptation locale des techniques de l'AC, sans remise en cause de l'abandon du retournement vertical conduisant à un déstockage de C et aussi à un relargage important d'azote. De nombreuses expériences d'agriculteurs attestent dans toutes les situations pédo-climatiques de la réussite de techniques alternatives momentanées mais compatibles.

. la période de transition : c'est un élément fondamental de la réussite de la
conversion à l'AC. Les études menées le sont trop souvent sur des sites ou dans des exploitations non encore stabilisés. Un non labour n'aura aucun effet visible du point de vue agronomique et environnemental avant au minimum 4 ans.

. l'applicabilité des mesures est à envisager en dynamique. A la question : " combien d'agriculteurs pourraient aujourd'hui durablement adopter le non labour pour stocker davantage de carbone, avec des bénéfices additionnels économiques et agro-environnementaux ?", nous préférons la question, le défi suivant: " quelle science manque t-il aujourd'hui aux agriculteurs français pour qu'ils adoptent les systèmes de culture (et non des pratiques culturales) durables, dont l'un des bénéfices serait le stockage additionnel de carbone ? ". Cette science c'est pour l'Apad, le bon choix et la bonne gestion des couverts, le bon choix des variétés, la fertilisation adaptée, et tout le conseil en développement y afférant. Plus en amont même, l'Apad estime que l'AC a besoin d'une meilleure connaissance fondamentale de la biologie des sols et de ses effets, in fine, sur la fertilité, d'une génétique adaptée (plus de vigueur germinative par exemple, plus de tolérance au froid au moment de la germination,..), d'une chimie adaptée (des molécules peu agressives sur la macro et la micro faunes du sol) et, toujours, des matériels adéquats.

.les zones éligibles: le semis direct est réalisable sur 70 % de terres arables en France en excluant les zones à fortes pentes, celles qui sont sensibles à la compaction et les sols hydromorphes selon l'expertise. Si nous sommes d'accord avec ce chiffre, nous n'y arrivons pas de la même façon. Il semble qu'il convienne plutôt d'exclure les productions type légumes de plein champ à plusieurs récoltes annuelles…. Les fortes pentes, les sols sensibles à la compaction, les sols hydromorphes constituent certes dans l'état actuel des choses (offre en matériel notamment) les zones où l'AC est la plus délicate à réussir mais aussi, comme il l'a été dit, celles où les bénéfices attendus sont les plus élevés.

. le matériel spécialisé : l'argument selon lequel le non labour exige l'acquisition de semoir spécialisé onéreux est à relativiser. Il existe aujourd'hui une offre fournie de semoirs polyvalents permettant aux candidats aux TCS de venir progressivement à la technique. En outre, cette acquisition peut être financée par la vente du matériel ancien et les économies qu'il génère. A cet égard, la réduction des coûts générée par le non labour est systématiquement mise en évidence par tous les rapports, études, de quelque source que ce soit. Le recours au travail en commun dans un cadre coopératif ou privé est souvent privilégié ; de fait la motivation des agriculteurs à adopter le non labour s'accompagne toujours d'un souci de réduction de charges notamment de mécanisation ; ces semoirs à rendement de chantier très élevés se prêtent particulièrement bien au partage.


En conclusion nous nous appuyons sur deux éléments forts de consensus qui ressortent et de l'expertise et du colloque de restitution :
. le " non labour " présente systématiquement des avantages environnementaux associés
. la seule lutte contre les GES ne peut justifier l'adoption de nouvelles pratiques de gestion des sols.

Ces éléments fondent notre position de demande urgente d'acquisition de références complémentaires, d'encouragement officiel , d'information et de formation des agents de développement et des agriculteurs afin qu'ils adoptent ces pratiques au plus grand profit :
. de leur sol donc de leur propre durabilité,
. du milieu .

 

Conférence le 1er Mars 2002 au SIA.

L'Apad a organisé au Salon International de l'Agriculture de Paris, le vendredi 1er Mars une conférence publique sur le thème: "L'agriculture sera durable ou ne sera pas". En voici le communiqué final

(Les actes complets sont disponibles sur simple demande en envoyant un mail à apad)

Agriculture de conservation: une nouvelle voie

A l'invitation de l'Apad, agronomes, agriculteurs et associations de consommateurs ont débattu le
1er mars à Paris sur le thème de l'agriculture durable.

Un enjeu pour la France
Le constat émis par Olivier ANDRAULT directeur scientifique de la Confédération du Logement et du Cadre de Vie est clair : les consommateurs et les concitoyens attendent des agriculteurs qu'ils délivrent des produits sains, aux qualités organoleptique et à l'origine variés obtenus en respectant l'environnement. Ces différentes attentes ne sont pas satisfaites aujourd'hui.
René DELOUVEE, membre du CORPEN et Président de l'Apad prenant acte de ce constat a rapidement décrit les caractéristiques techniques de l'agriculture de conservation:
. un sol couvert en permanence pour protéger le sol des intempéries, entretenir sa structure, piéger les fertilisants en excès, faciliter les infiltrations
. un semis sans retournement systématique, pour retarder la minéralisation et augmenter le stock de matière organique, favoriser la vie biologique donc la fertilité naturelle, éviter la compaction
. des rotations allongées pour une éviter les impasses parasitaires et l'épuisement des sols.
L'agriculture de conservation est centrée sur la préservation de la ressource sol à la fois support nourricier, substrat physique et organique, refuge de la biodiversité, dépollueur, réservoir de carbone.

Une réussite mondiale
Cette agriculture de conservation pratiquée sur plus de 60 millions d'hectares dans le monde est encore très peu développée en Europe et en France où elle n'occupe que 2 à 3 millions d'hectares. Luis GARCIA-TORRES, Président de l'ECAF (European Conservation Agriculture Federation) à laquelle adhère l'Apad a rappelé les conclusions du 1er congrès international de l'agriculture de conservation qui s'est tenu à Madrid en octobre dernier : les 196 communications en provenance de 70 pays témoignent de la réalité et de l'efficacité de ces techniques partout dans le monde. Des propos confirmés par Dominique ROLLIN chercheur au CIRAD et animateur du programme SCV (Systèmes de culture avec semis direct sous couverture végétale). Cette version tropicale de l'agriculture de conservation répond parfaitement aux contraintes spécifiques des pays du Sud que sont un climat très agressif, un manque d'équipement, de fortes attaques parasitaires, des sols fragiles. Pour Dominique Rollin, ce qui fonctionne dans des conditions excessives ne peut que convenir également, avec les adaptations nécessaires, aux contextes pédo-climatiques plus favorables des pays tempérés

Des avantages avérés pour l'environnement
L'agriculture de conservation permet de lutter contre la dégradation de la qualité des eaux, l'érosion, l'appauvrissement de la biodiversité, les gaz à effet de serre.
René DELOUVEE ayant rappelé la manière dont circule et pénètre l'eau à sa surface et en profondeur a pu mettre en évidence la relation directe entre les pollutions aquatiques et le fonctionnement du sol donc son état de surface. Des affirmations confirmées par les mesures effectuées sur le bassin versant du Miny (56). Pour son animateur David DESIGNE, il n'y a pas de corrélation entre la quantité d'apports de fertilisants sur une parcelle et la charge polluante des eaux qui en proviennent. C'est bien l'état de surface du sol, couvert ou nu, qui détermine la pollution.
L'érosion est assez méconnue en France. Ce sont pourtant jusqu'à 20 tonnes par hectare qui peuvent disparaître suite à une pluie violente s'abattant sur un sol nu. Jean-Claude REVEL de l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse a décrit l'érosion due au travail du sol. Sur une zone de 692 hectares, il a ainsi pu constater que le travail du sol avait diminué la couche arable de 1,07 m sur 58 % de la surface. Le rabotage des crêtes et l'accumulation des boues dans le bas des coteaux sont des scènes courantes attestant de la maladie des sols. Le témoignage qu'a apporté Gérard HEINTZ, agriculteur en Alsace, est à cet égard très intéressant. Ayant constaté que son sol était régulièrement entraîné par les eaux de pluie, sous forme parfois de coulées de boue, vers le village dont il est maire adjoint et pompier, il a spontanément adopté le semis direct sous couvert ce qui a quasiment stoppé le phénomène. Pour Gérard HEINTZ agriculteur le non labour est rentable et lui permet de tout simplement conserver son sol le patrimoine de l'exploitation. Pour Gérard HEINTZ maire adjoint et pompier, le non labour permet des économies de curage de fossés, dégorgement de caves, nettoyage de voirie. C'est donc un système gagnant-gagnant.
La biodiversité est un élément majeur de la durabilité. Les micro organismes sont responsables de la fertilité d'un sol tandis que les micro-arthropodes et les vers de terre améliorent la circulation de l'eau dans le sol et la pénétration des racines. Ces derniers sont également à la source d'une chaîne alimentaire bénéficiant au petit gibier. Le non labour permet un développement rapide et durable de tous ces êtres vivants du sol. Philippe GRANVAL de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et Jacques HICTER agriculteur ont présenté une expérience menée dans les conditions réelles de son exploitation dans laquelle le duo bords de champ et non labour a permis une explosion des peuplements de gibier.
L'agriculture de conservation, en laissant les résidus en surface, conduit à une augmentation continue de la matière organique donc des stocks de carbone dans le sol. Michel ROBERT, du Ministère de l'Environnement a ainsi montré que le non labour permettrait de diminuer sensiblement les émissions de CO2. Il a rapporté des simulations de scientifiques Allemands établissant que l'adoption du non labour sur seulement 40 % des terres arables en Europe permettrait de réduire nos émissions de gaz à effet de serre au point de satisfaire à nos engagements du protocole de Kyoto en 4 ans seulement.

Des besoins en développement
L'agriculture de conservation présente cependant des risques pour l'agriculteur notamment pendant la période de transition de 3 à 4 ans. Ceux-ci ont donc besoin de sécuriser leurs itinéraires : désherbage , lutte contre les parasites, choix et gestion des couverts végétaux,… C'est la raison pour laquelle des agriculteurs ont créé une association soutenue par l'APAD, la FNACS présidée par Eric VAN DE PUTTE. Son objet est d'échanger les expériences de ses membres et de réaliser des essais afin d'acquérir de nouvelles connaissances qu'ils ne trouvent pas dans les institutions de développement traditionnelles.

Vers une adoption de l'agriculture de conservation en Europe
Pour Luis GARCIA-TORRES, les mesures agro-environnementales de la politique agricole européenne vont peu à peu prendre le pas sur les mesures de soutien économique. Et, dans cette perspective, l'agriculture de conservation saura faire reconnaître son bien fondé et ses avantages pour l'environnement, pour la société et pour les agriculteurs. Une Directive Européenne sur la protection des sols est actuellement en préparation à Bruxelles et devrait largement recommander la couverture des sols et le non retournement systématique.

 

Forum BASE le 8 mars à Rennes. L'association BASE, Bretagne Agriculture Sol et Environnement, antenne Ouest de l'Apad, a organisé à Rennes son deuxième forum annuel sur le thème:

"La qualité de l'eau par le respect du sol et une agronomie opérationnelle"

COMPTE RENDU

Cette journée débat avait pour objectif de sensibiliser les agriculteurs et les autres participants à la nécessité de modifier les pratiques agricoles pour réduire les impacts négatifs sur l'environnement.

Sept interventions se sont succédées avec des débats :

1. Les actions du projet DIALOGUES dans les trois abers au nord de Brest (aber Wrac'h, aber Benoît, aber Quillimarec) présentées par Alain Simon (agriculteur à Plouvien) et Michel Tanné (agriculteur à Ploudaniel). Ce projet, coordonné par un comité de pilotage (élus, paysans, divers organismes concernés) s'est fixé des objectifs de réduction des nitrates dans une prise d'eau potable (Kernilis), d'amélioration de la qualité bactériologique de l'eau dans l'aber Wrac'h et de réduction des échouages d'algues vertes sur les plages. Les actions agricoles (mise en place de couvert végétal, réhabilitation de bocage, amélioration de l'utilisation des matériels et produits de pulvérisation et sensibilisation aux techniques de culture simplifiées) et non agricoles (usage raisonné des produits phytosanitaires pour les communes et les jardiniers amateurs, assainissement, entretien des rivières et suivi de la qualité des eaux ) commencent à porter leurs fruits.
L'élargissement de la concertation avec d'autres acteurs apparaît nécessaire dans une approche de bassin versant tout comme la définition et le suivi d'indicateurs environnementaux. Enfin, un effort de formation et d'information doit être fait pour accélérer l'évolution des pratiques culturales vers l'agriculture de conservation (TCS et semis direct).

2. René Delouvée, président de l'APAD, a présenté les différentes pollutions par les nitrates et les produits phytosanitaires et la liaison importante entre qualité des eaux et agriculture. L'évolution des taux de nitrates dans une rivière depuis 1928 montre bien la liaison directe avec les pratiques agricoles : effet des mises en cultures des prairies après la seconde guerre mondiale, lessivage des sols labourés.
R.Delouvé propose de développer les techniques d'agriculture de conservation qui maintiennent une structure du sol et la porosité nécessaire pour le développement des plantes et la circulation des eaux . Ces techniques doivent être mises en œuvre par des "conventions locales" regroupant tous les acteurs (collectivités, paysans …) et définissant les engagements de chacun. L'intérêt des collectivités est aussi de participer au financement de la formation des paysans à ces nouvelles techniques de culture moins polluantes, pourvu que les paysans prennent des engagements de les mettre en œuvre. Ces "conventions locales" pourraient aussi permettre de prendre en compte des CTE groupés qui devraient être certainement plus efficace que des CTE individuels (approche de terroirs ou de bassins versants).

3. M.Wolgang Sturny, directeur du service environnement et agriculture (équivalent DDA+DIREN) du Canton de Berne en Suisse a fait un exposé remarquable sur la liaison entre les systèmes de culture et la qualité de l'eau. Alors qu'en Amérique du sud les systèmes de culture en semis direct sont nés d'une préoccupation économique chez les paysans qui ont ensuite découvert les effets positifs environnementaux, en Suisse c'est la dégradation de la qualité des eaux qui a amené les autorités à proposer aux paysans d'adopter des techniques de culture réduisant le lessivage des nitrates. Puis, les essais réalisés dans les stations agronomiques et chez les paysans montrent maintenant que les rendements en semis direct sont équivalents (et parfois légèrement supérieurs) aux techniques classiques avec labour avec des coûts moindres.
Partant d'une analyse de l'état des eaux du lac de Sempach, l'administration a du prendre des mesures pour réduire les taux de phosphates et de nitrates qui atteignaient des niveaux catastrophiques (mort de 26 tonnes de poisson en 1984). Un projet d'aération forcé a été mis en place dans le lac.
Des essais de semis direct ont montré que l'érosion des sols était réduite de 95% par rapport au labour, de 55% pour le ruissellement et 80% pour l'atrazine entraînée vers le lac. Un réseau de surveillance des sols et d'essais en station agronomique a montré que le taux de matière organique était double dans les prairies naturelles par rapport à celles qui sont cultivées, avec des enracinements plus faibles sur labour par rapport au semis direct. Les rendements augmentent régulièrement pour le semis direct. Des machines de semis sont adaptées aux conditions de l'agriculture suisse (notamment fraisage en bande alternées).
L'ordonnance suisse sur la préservation des bases naturelles et du paysage de 1997 a fourni le cadre pour des subventions aux agriculteurs adoptant le semis direct. Une indemnité transitoire leur est accordée pendant 5 ans à condition (i) qu'ils pratiquent pendant au moins deux ans le semis direct, (ii) qu'ils abandonnent le labour (ii) pour des pratiques dans lesquelles au maximum 50% de la surface soit superficiellement travaillée (par exemple TCS en bandes avec fraisage sur la ligne de semis pour le maïs). Le paysans qui adoptent le semis direct sont deux fois plus subventionné (2 x 150 à 500 francs suisses/ha) que ceux qui pratiquent le "semis sous litière" (appellation suisse des TCS).
En 5 ans, ces incitations ont convaincu 435 agriculteurs sur 2.300 ha.
Une association suisse affilié à l'ECAF est née (SWIS NO TILL) et on considère que 9.500 ha sont en semis direct en 2001, huit ans après le démarrage de ces techniques en Suisse.
M.Sturny estime que la marche vers le semis direct est lancée en Suisse et que les TCS y ont peu d'avenir car beaucoup moins performantes. Des problèmes sont rencontrés pour la culture de betterave et de pomme de terre mais les avancées en Amérique du nord et du sud sont telles que la Suisse ne peut qu'accroître les surfaces en semis direct, en trouvant au fur et à mesure des solutions aux problèmes rencontrés.
4. M. J.F.Sarreau, agriculteur à Landeleau (29) a présenté son expérience d'adoption du semis direct. Après une analyse des possibilités pour réduire ses coûts de production, M.Sarreau a rappelé son itinéraire avec en 1991 l'acquisition d'un semoir Semavator pour le semis direct de blé sur maïs, puis le semis direct des blés et colza avec un semoir Unidrill en 1994. En 1999, l'achat d'une herse peigne permettait de mieux gérer les pailles. Après un voyage au Brésil avec C.Bourguignon et L.Séguy, M.Sarreau fait l'acquisition d'un semoir Semeato pour le semis direct des maïs sur couvert, gardant son semoir Unidrill pour les petites graines.
Son objectif de travailler avec un tracteur de 90 cv, permettant d'implanter 1ha/heure est atteint avec une réduction forte des charges illustrée par le tableau suivant :

en FF/ha

1990

2000

 

LABOUR

SEMIS DIRECT

Engrais

664

145

Semences

1036

614

Traitements

1468

393

TOTAL intrants

3168

1152

Mécanisation

1702

848

 


La baisse de consommation de fuel est également importante de 57 l/ha en labour à 18 l/ha en semis direct.
L'impact économique du passage au semis direct est donc important et M.Sarreau estime que beaucoup reste encore à faire en améliorant la productivité du travail, les systèmes de culture, les variétés adaptées au semis direct et en adaptant les doses d'intrants.
Les effets sur le sol sont très visibles et nécessiteraient d'être quantifiés : homogénéité des parcelles, accroissement de l'activité biologique du sol (vers de terre), amélioration chimique et physique du sol, remontée du taux de matière organique et surtout arrêt de l'érosion.
M.Sarreau souligne que son cheminement vers le semis direct a aussi des effets positifs sur l'environnement qui sont très perceptibles. Il souhaiterait des appuis pour les mesurer : les ruissellements ont disparu, les résurgences d'eau souterraines sont devenues limpides, les lessivages de nitrates sont réduits (le forage de la ferme est passé de 15 mg/l à 5 mg/l en 10 ans). Il existe des références sur ces effets dans d'autres pays, mais peu de travaux en France sur ces questions qui sont importantes car elles permettraient de mesurer l'effet du semis direct sur la protection de l'environnement.
Enfin, M.Sarreau a souligné les limites de l'action d'un paysan isolé et la nécessité de fédérer les initiatives (groupe de travail de paysans) au sein de la Chambre d'agriculture pour générer du progrès technique et de la solidarité sur ces innovations, adapter les réglementations et ouvrir les CTE à une prise en compte de l'agriculture de conservation.
5. D.Loyer de l'Agence française de développement (AFD) a présenté les raisons qui ont amené la coopération française à soutenir le transfert et l'adaptation de l'agriculture de conservation dans les pays du sud. Dans les climats intertropicaux, le travail du sol ou les abatis brûlis ont des conséquences désastreuses dont les effets sont rapidement perceptibles : perte de la partie superficielle fertile des sols, érosion, baisse des rendements, migration des populations, destruction du couvert boisé (de 56% à 10% de forêts en 10 ans au Vietnam). Toutes les conditions sont réunies pour une désertification annoncée qui met en péril l'économie des zones rurales. En effet, le capital de ressources naturelles (sols, matière organique, pâturages, bois, biodiversité, stocks halieutiques) sur lequel a été fondé le développement économique a été consommé par des activités d'agriculture, de forêts, d'élevage ou de pêche relevant de comportements "miniers" (C'est probablement la raison qui amène les économistes à classer l'agriculture ou la forêt dans le secteur primaire aux côtés des carrières et des mines de charbon.). Dans ces conditions quel avenir économique et social pour ces zones ?

De nouveaux systèmes de culture inspirés de l'expérience brésilienne du Cirad (L.Séguy) peuvent être adaptés à des agricultures manuelles sans ou avec peu d'intrants. Le Cirad a transféré ces techniques notamment à Madagascar, en Asie mais aussi en Tunisie avec l'appui d'un agriculteur français, J.C.Quillet. Elles s'inspirent du semis direct brésilien avec une suppression du labour qui est remplacé par des rotations (travail biologique du sol, recyclage des éléments) et la production de résidus de culture (pailles) qui protègent le sol de l'érosion et agissent comme carburant du système biologique.

Les différents acteurs de la coopération française ont fédéré leurs actions dans un programme "agroécologie" regroupant le Ministère des Affaires Etrangères, l'AFD, le Fonds français pour l'Environnement Mondial (FFEM sur les questions de stockage de carbone notamment), et le Cirad. Ce programme concerne 5 pays (Madagascar, Tunisie, Cameroun, Laos et Mali).
Ainsi, il est possible de construire pour ces zones "oubliées de la globalisation" des stratégies de développement des activités économiques qui soient en équilibre avec leur environnement. Celui-ci étant compris comme les ressources naturelles, capital de base de ces zones dont il faut garantir le maintien et qui constituent donc l'épine dorsale du modèle de développement. Les infrastructures ou la satisfaction des besoins vitaux devant alors être conçues au service et en fonction de cet objectif prioritaire.
Les questions de stockage de carbone dans les sols avec les techniques d'agriculture de conservation permettent aussi d'envisager une meilleure solidarité entre les pays du nord et ceux du sud sur un enjeu global comme celui du réchauffement planétaire.
6. M.F.Falloux (société ECOCARBONE) a rappelé les enjeux du changement climatique et la place que tient le carbone dans l'accord de Kyoto. Le réchauffement climatique est maintenant prouvé scientifiquement et son effet sera plus grave pour les pays du sud. La valeur du carbone prend progressivement de l'importance avec des prix annoncés de 10 à 20 USD/t qui devraient croître dans les années à venir.
L'agriculture a une place dans le stockage ou la réduction des émissions de carbone : au Brésil on estime que le semis direct permet de stocker 50 t de carbone /ha et les réductions de consommation en fuel et en engrais ont aussi un effet sur le bilan de carbone.
En dépit des déclarations du Président Bush, les USA sont très en avance sur ces questions et le ministère américain de l'agriculture fait une sensibilisation forte des agriculteurs sur le semis direct et sur le stockage de carbone.
21 millions d'ha sont déjà en agriculture de conservation aux USA, 4 millions au Canada et le Mexique est aussi dans cette dynamique. La Californie développe la production de biocarburants, l'état du Massachusset a pris des engagements plus contraignants que ceux de Kyoto. Des centrales électriques canadiennes (GEMCO) ont passé des contrats avec des agriculteurs américains pour stocker du carbone en passant leurs cultures en semis direct.
L'Europe est un peu à la traîne sur ces évolutions et la PAC n'est pas très incitative.
7. M.F.Thomas, de la revue TCS a souligné la nécessité d'un retour à "une agronomie opérationnelle", plus efficace économiquement et pour l'environnement. Le constat dans le département d'Ille et Vilaine est très inquiétant : en 10 ans les analyses de sols montrent une baisse de 0,5% du taux de matière organique en raison du développement des mises en culture de prairies, de l'approfondissement des labours et plus généralement de la minéralisation de l'humus avec le travail du sol. Et pourtant ce département comporte beaucoup d'élevages qui permettent un apport important de fumier (et lisier).
Un changement des systèmes de culture doit être développé en Bretagne et l'agriculture de conservation permettra un nouveau cercle vertueux de gestion des sols. Cela devrait se faire dans une approche globale concernant tous les acteurs, avec des efforts de formation et d'information, une évolution du cadre réglementaire et surtout des solutions techniques éprouvées. L'ensemble de la société sera bénéficiaire de cette évolution, la qualité des eaux n'en étant qu'une illustration.


. Autres rendez-vous Retour

Colloque international érosion et séquestration du carbone. Le réseau érosion de l'Orstom organise à Montpellier du 24 au 28 septembre 2002 un colloque international sur le thème "Gestion de la biomasse, ruissellement, érosion et séquestration du carbone". Contact: Eric Roose IRD

Forum Qualité des sols. Ce Forum est organisé conjointement par le Ministère chargé de l'Environnement, le Ministère de l'Agriculture, l'ADEME, l'INRA et l'Association Française pour l'Etude du Sol. Il se tiendra les 15 et 16 mai prochain au ministère de l'environnement 20 avenue de Ségur à Paris. Entrée libre.
Il a pour objectif de faire le point pour les gestionnaires de l'environnement et de l'agriculture sur l'état des connaissances et la problématique, mais aussi les nouvelles préoccupations concernant la qualité des sols , leurs fonctions environnementales ou leur rôle dans des cycles plus globaux (gaz à effet de serre et changement climatique).
Envoi du programme complet sur simple demande à l'Apad

 

. Comptes-rendus d'activités Retour

CONFERENCE AGRICULTURE DE CONSERVATION ET LUTTE CONTRE L'EFFET DE SERRE les 16 et 17 décembre 2002 à Ploermel et Montargis

Premier congrès mondial de l'Agriculture de Conservation (Conservation Agriculture)

CONFERENCE CARLOS CROVETTO du 8 octobre 2001 à Montlouis

CONFERENCE APAD 1er mars 2002 "L'agriculture sera durable ou ne sera pas"

CONFERENCE BASE 8 mars 2002 "la qualité de l'eau par le respect d'une agronomie opérationnelle "

 

Premier congrès mondial de l'Agriculture de Conservation (Conservation Agriculture)

Madrid 1er - 5 octobre 2001

Sommaire
Introduction
POINTS CLES DES SESSIONS
Les bénéfices de l'Agriculture de Conservation
Expériences d'agriculteurs
Les réseaux internationaux d'Agriculture de Conservation
Innovations récentes et adaptation de l'industrie agricole
Le rôle du secteur privé
Influence de l'agriculture de Conservation sur l'environnement
SESSION SPECIALE :
les réseaux dans les pays en voie de développement (FAO, CIRAD, CIMMYT)

TABLES RONDES
CONCLUSIONS
DECLARATION FINALE
ANNEXE : Programme du Congrès



Auteurs - remerciements
Ce rapport a été rédigé par Sandrine Vaneph, consultant FAO et José Benites, Technical Officer, à la FAO département Land and Plant Nutrition Management Service. Les auteurs souhaitent remercier particulièrement les personnes suivantes pour leurs notes et commentaires utiles :

B. Basso, Jim Findlay, Theodor Friedrich, Vic Jordan, John Landers, Christian Pièri, Luis Garcia Torres, Armando Martinez Vilela, et les présidents adjoints de chaque session.

Et tous les participants pour leur présence, leur enthousiasme et leur rôle dans la promotion de l'Agriculture de Conservation (CA).

Introduction

Le 1er congrès mondial de l'Agriculture de Conservation (CA) organisé conjointement par la FAO, organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation, et l'ECAF, European Conservation Agriculture Federation s'est tenu à Madrid du 1er au 5 octobre 2001. L'objectif du congrès était de réunir agriculteurs, conseillers, scientifiques, secteur privé et décideurs publics, afin de partager informations et expériences et d'encourager d'autres échanges. Les résultats attendus et décisions du congrès étaient de :
. sensibiliser à différents niveaux (local, national et international) et auprès de différents secteurs ( public, privé, civil et organisations non gouvernementales)
. Amorcent et renforcer des contacts entre les personnes expérimentées et les futurs adoptants principes de l'Agriculture de Conservation pour faciliter les coopérations ultérieures
. partager les expériences sur les différents aspects de l'Agriculture de Conservation (la politique, la recherche, le développement de technologie, ..) à différents niveaux et de manière internationale,
. adopter une Déclaration commune sur l'Agriculture de Conservation soutenue par un Plan d'Action

Les participants d'environ 70 pays des 5 continents représentaient toutes les parties impliquées dans l'agriculture en général et dans l'agriculture de conservation en particulier.

Comme prévu (voir Annexe), environ 50 présentations ont été fait autour de 8 thèmes principaux : 1) CA améliorations Globales(mondiales); 2) Témoignages d'agriculteurs (Amérique du Sud, Afrique, Asie, Océanie, Union européenne et Espagne en particulier); 3) réseaux Internationaux pour CA (FAO, GTZ, CIMMYT, CAAPAS, CIRAD, RELACO, ACTE, ECAF, WANTFA, l'Asie Centrale, l'Asie et APDC); 4) Acquis récents 5) Adaptation de l'industrie agricole;
6) Promotion de CA : le rôle du secteur privé; 7) influence sur l'environnement et 8) Perspectives et politique pour développement.
Le Congrès a reçu prés de 200 contributions qui ont été publiées en 2 volumes.

Une exposition de posters a été organisée en parallèle et a reçu beaucoup de contributions. Une Session Spéciale a été aussi consacrée à une discussion dirigée par la FAO, CIRAD et CIMMYT sur le thème d'un" Réseau pour la CA dans les pays en voie de développement". Une table ronde a été tenue avec les représentants des agriculteurs pour souligner les problèmes clefs et les freins à l'adoption des CA. Trois jours de visite de terrain ont clôturé le congrès et ont été organisés pour les participants de congrès aussi bien que pour les agriculteurs : à Cordoba (Andalousie), les participants ont vu la CA appliquée aux oliviers et à des cultures annuelles, ainsi que trois présentations; à Aranjuez (Madrid), les participants ont vu la CA appliquée aux oliviers, à des vignobles et à des cultures annuelles ainsi que des démonstrations de semis direct et d'application locale d'herbicides dans des oliveraies. A Segovia et Burgos (Castilla-Leon), les participants ont vu les CA appliquées aux céréales, au tournesol ainsi que quatre présentations et des démonstrations de 17 différentes machines.

Ce document est la synthèse des principaux acquis du congrès : points clés de chaque session, comptes rendus des ateliers, conclusions , déclaration finale.


Points clés des sessions

Quelques points culminants sont présentés ci-dessous. Les contributions complètes soient disponibles dans le Volume I des Actes.

Les bénéfices de l'Agriculture de Conservation
. Il y a 800 millions de personnes sous-alimentées dans 98 pays en voie de développement , une tendance en augmentation
. Il y a un besoin urgent d'augmenter sur place la production agricole pour satisfaire ces besoins en augmentation,
. les systèmes agricoles permettant de relever ce défi doivent être productifs et profitables aussi bien que durables. Il doivent augmenter la production, améliore les revenus tout en protégeant les ressources naturelles et l'environnement.
. l'Agriculture de Conservation (CA) est un système gagnant-gagnant basé sur une couverture du sol permanente, des rotations des cultures et la réduction ou l'élimination du labour.
. CA autorise des rendements meilleurs, moins de dépenses d'intrants et souvent moins de travail.
. la CA est durable en termes économiques, sociaux et environnementaux, elle augmente la séquestration du carbone, l'infiltration d'eau, diminue les ruissellements, l'érosion et la dégradation de ressource d'eau.
. Malheureusement, seulement 4 % des terres cultivées dans le monde le sont selon les principes de CA
. Il y a un besoin urgent à globaliser les connaissances en CA, par une approche interdisciplinaire impliquant des approches scientifiques, sociales, politiques et économiques et à explorer les occasions d'assurer la diffusion de ces connaissances.

Expériences d'agriculteurs
. La production agricole a avant tout besoin d'une bonne fertilité du sol. La couverture de sol permanente, par les résidus de récolte comme par des cultures de couverture ou encore des mulchs, permet de protéger le sol de l'érosion, et d'entretenir la fertilité du sol (matière organique, nutriments, structure, biologie, etc).

. Pour une adoption plus large, les fermiers ont besoin d'une connaissance claire pratique et sûre, adaptée et accessible. Pour ce faire, les agriculteurs doivent être associées aux travaux de recherche-développement et ont besoin de la coopération des entreprises.

. Les connaissances et les réalités locales doivent notamment être prises en compte.

. Une très forte pression environnementale peut être un facteur clef pour l'adoption des CA. Cependant, les fermiers ne peuvent pas se permettre de soutenir tous les risques liés au processus de transition. Ils auront besoin d'information, d'éducation et de soutiens qui peuvent être apportées à travers les échanges entre agriculteurs. Ils auront aussi besoin de soutien financier pour acheter des équipements spécifiques et les intrants.

. L'adoption des CA peut se heurter à des résistances culturelles et historiques dues à une très ancienne pratique du labour, comme en Europe par exemple et les agriculteurs doivent avoir la possibilité de labourer localement ou sous-soler. Ces pratiques peuvent être nécessaires dans des conditions très spécifiques ou en cas de mauvais état structural du sol. Cependant, avec ces pratiques, les bénéfices des CA ne sont pas atteints ou en tous cas très fortement diminués.

. La compétition avec le bétail ou d'autres utilisations des terres est un problème fondamental dans des secteurs semi-arides et en Afrique en particulier, problème qui peut être contourné avec l'augmentation de la biomasse et de la production de grains.

. Les femmes doivent être incluses dans les programmes de formation comme en Asie : elles travaillent souvent dans les champs et la pratique des CA peuvent les aider à augmenter leur revenu et à gagner du temps qu'elles peuvent investir dans d'autres activités ou consacrer à leur famille. Enfin, les CA diminuent la pénibilité du travail.

Les réseaux internationaux pour l'Agriculture de Conservation
. Les impacts négatifs des pratiques agricoles conventionnelles sont désormais connus. Il est donc crucial de se concentrer sur les solutions.

.L'Agriculture de Conservation est basée sur des technologies déjà connues comme le non labour. Mais l'adoption de ces systèmes d'agriculture est devenue une question de survie dans des secteurs comme le Brésil. Ils sont rentables et produisent des rendements hauts et stables, ce qui est le plus important pour des agriculteurs. Ils sont maintenant adaptés et développés pour beaucoup de conditions socio-économiques et agro-climatiques sur les 5 continents, avec plus de succès encore dans des pays en voie de développement et dans les secteurs très dégradés des pays en voie de développement et développés.

. L'Agriculture de Conservation CA vise à copier les écosystèmes naturels : elle sont basées sur une couverture de sol permanente, des rotations des cultures et une perturbation minimale du sol , ce qui est généralement obtenu par un semis direct dans les résidus de la récolte précédente.
Les techniques de CA sont compatibles avec tous les types de mécanisation, du simple outil à main aux machines utilisant l'agriculture de précision. Cependant la CA n'est pas un but en soi mais un concept : la gestion de la fertilité du sol est l'objectif à atteindre.

. Beaucoup de plantes de couverture sont déjà bien connues et peuvent être adaptées aux différentes situations. Des équipements ont été développés pour des systèmes d'agriculture divers, bien qu'ils ne soient pas toujours disponibles localement. Des itinéraires techniques adaptées et des produits de contrôle des mauvaise herbe et des parasites existent et doivent être promus. On voit souvent le bétail comme un facteur de conflit avec CA , bien qu'il puisse aussi y avoir des synergies s'il est correctement intégré avec la CA . Suggestion : une Banque de données centrale doit être fondée par une Organisation internationale. Ses objectifs seraient de rassembler et de diffuser les connaissances en matière de CA.

.Les agriculteurs ont besoin d'un accompagnement permanent dés le début d'une démarche d'adoption de ces techniques. L'appui le plus efficace consiste en des échanges entre agriculteurs par le biais d'associations ou de réseaux. Ces organisations d'agriculteurs sont la clef pour l'adoption, la formation, l'information et l'innovation. Ils sont aussi le seul moyen pour des agriculteurs d'être entendu et associés au développement des technologies dont ils ont vraiment besoin. Il est aussi important de souligner que l'éducation commence à l'école : des efforts particuliers doivent être faits pour changer les vues sur les pratiques d'agriculture à l'école, à tous les niveaux.
. Les réseaux à différents niveaux sont aussi nécessaires pour faciliter les échanges entre des pays différents ou des régions, qui peuvent rencontrer les mêmes problèmes, mais avoir des solutions différentes. Cela doit aussi être une façon de souligner les différences de conditions environnementales et socio-économiques, qui peuvent affecter le transfert de technologie et les processus d'adoption. Il y a aussi un besoin pour des médias de haute qualité pour une diffusion internationale des messages.


Innovations récentes et adaptation de l'industrie agricole à l'Agriculture de Conservation
Comme l'adoption de la CA est fortement liée à la disponibilité d'équipements appropriés, les constructeurs de matériel agricole doivent coopérer pour adapter, avec les agriculteurs, les machines selon leurs besoins et les rendre fiables, disponibles et accessibles.

. Des machines comme des semoirs en direct doivent recevoir les adaptations pour être capables de semer par exemple sur une grande quantité de résidus morts ou de plantes de couverture vivante.

. L'adoption doit aussi être soutenue par les gouvernements notamment par des primes.

. L'expérience montre que , pour des petits agriculteurs, le contrôle mécanique des adventices procure les mêmes rendements qu'un contrôle chimique. Des connaissances supplémentaires doivent être acquises sur la gestion des couverts et les rotations pour favoriser un contrôle biologique des mauvaises herbes.

. La lutte contre les maladies doit aussi bénéficier d'innovations. Les attaques de maladies et de parasites peuvent être différentes mais pas nécessairement plus néfastes dans des systèmes de techniques culturales simplifiées par rapport à des itinéraires traditionnels. La CA favorise l'activité et la diversité biologique notamment les prédateurs naturels. Le fait de lier techniques de lutte raisonnée et CA permet d'obtenir une réduction substantielle de l'utilisation des pesticides.

Le rôle du secteur privé
. Le rôle principal du secteur privé est de fournir des outils adaptés aux pratiques de la CA. Cependant, ils peuvent avoir une vue partielle et limitée du concept de la CA . Par exemple, ils peuvent recommander de mauvais itinéraires simplifiés dans des cas non appropriés ce qui ne sont pas acceptables.

. Comme les fabricants sont souvent en contact avec les agriculteurs, les techniciens et les institutions, ils peuvent avoir un impact significatif sur la diffusion d'information, ce qui est fondamental pour le développement de la CA. L'information doit donc être activement partagée entre les secteurs public privé, pour s'assurer que l'on donne l'information appropriée aux agriculteurs.

Influence de l'agriculture de Conservation sur l'environnement, perspectives de développement
. On peut voir les impacts négatifs des pratiques d'agriculture conventionnelle dans le monde entier. Le labour systématique, les brûlis et l'incorporation de résidus de récolte, des préparations agressives des lits de semences, des machines lourdes entraînent des pertes de sol, une diminution de la fertilité, des rendements, de la diversité biologique, des pollutions aquatiques ce qui peut conduire dans les cas extrêmes à la désertification. Ces spectaculaires dégradations ont souvent motivés l'adoption des techniques de CA aux Etats-Unis, au Brésil et en Australie par exemple.

. Les impacts négatifs de l'agriculture conventionnelle incluent l'émission de CO2 dans l'atmosphère non seulement par l'utilisation abusive de carburant, mais surtout principalement par l'oxydation de la matière organique due au labour et à l'incorporation ou la combustion des résidus de récolte. Des expériences ont montré que même la réduction des passages libérait du carbone et que seul le semis direct permettait de séquestrer du carbone dans le sol. Les mesures des impacts économiques et environnementaux de CA doivent être poursuivies à long terme pour les comparer avec ceux de l'agriculture conventionnelle.

. La CA n'est sans doute pas la panacée, mais elle représente un espoir sérieux pour beaucoup de petits agriculteurs et pour l'agriculture en général. Il y a un besoin urgent de développer la CA. Cependant, le transfert de technologie doit être soigneusement conçu pour éviter des échecs irréversibles comme le transfert du système australien qui a été fait à des pays du Moyen-Orient sans prendre en compte les spécificités socio-économique de cette zone.

. On doit voir la CA comme "une Révolution Bleue" quant à ses effets sur l'eau : infiltration d'eau, conservation d'humidité de sol, qualité et disponibilité de sol, qualité des eaux superficielles tout au long de l'année. La CA contribue à atténuer les effets de la sécheresse et augmentent la sécurité d'approvisionnement en eau comme alimentaire.

. Il y a un besoin urgent au changement de paradigme pour soutenir les systèmes de CA qui sont durables, compétitifs et profitables. Il y a une grande opportunité d'implanter ces techniques en ex-Union-Soviétique, où l'équipement est désuet et doit être changé à la grande échelle. Les changements doivent aussi avoir lieu dans les mentalités et dans la politique, comme en Europe, où les pratiques conventionnelles sont fortement contestées, mais pas discutées, ni découragées.

. Tous les protagonistes sont responsables du succès ou de l'échec de l'adoption des CA. Ils doivent tous faire des efforts pour s'adapter et changer leur avis. Les agriculteurs doivent profiter de toutes ces synergies et doivent recevoir l'appui technique et financier afin de minimiser les risques qu'ils prennent en changeant leur système de production.


Session spéciale :
les réseaux dans les pays en voie de développement (FAO, CIRAD, CIMMYT)

Même si les mots employés sont parfois différents, il est admis que l'Agriculture de Conservation inclut trois principes principaux : une couverture du sol permanente, une rotation des cultures et une perturbation minimale du sol, et fournit des bénéfices significatifs pour les agriculteurs et la collectivité. Beaucoup de réseaux existent déjà, aux niveaux locaux, nationaux et internationaux, qui fournissent déjà un bon appui, mais ils ont besoin de meilleures interactions. Les objectifs de tous les réseaux de CA sont de fournir l'appui aux agriculteurs et de promouvoir la CA dans le monde entier. Pour réussir cela, il est nécessaire que :

. les réseaux existants soient renforcés et obtiennent davantage de moyens en terme de personnel, d'argent, de ressources, etc.

. ces réseaux doivent mieux communiquer entre eux et échanger de l'information.

TABLES RONDES

1 DÉFINITION ET BÉNÉFICES DE CA : Il y a un besoin d'une définition claire de CA et ses principes, qui doivent être un concept holistique et doivent s'appliquer à toutes les zones agro-climatiques. L'accent doit être mis sur les bénéfices pour les agriculteurs et premièrement, les augmentations de rendements et les économies financières, qui sont les intérêts primaires des agriculteurs. Les bénéfices pour la société et l'environnement peuvent être un deuxième niveau de motivation pour eux, mais ont principalement un intérêt pour les gouvernements et la communauté internationale.

2 ACCÈS AUX CONNAISSANCES, AUX EQUIPEMENTS ET AUX INTRANTS APPROPRIES : l'accès aux connaissances et aux équipements et intrants appropriés (des semences de plante de couverture, des semences de qualité et des produits chimiques) est un autre problème-clé pour assurer l'adoption de la CA. L'utilisation sûre de produits chimiques est aussi critique, particulièrement pour des petits cultivateurs. Le secteur public et des organisations non gouvernementales doivent favoriser l'accès à la connaissance par la formation spécifique et pratique des agriculteurs. Des instances techniques de haut niveau sont aussi nécessaires pour soutenir CA dans le long terme. Le secteur privé a un rôle à jouer à cet égard. . Agriculteurs et organisations non gouvernementales devraient faire pression sur quelques fabricants d'instruments de labour et de tracteurs qui sont encore sceptiques.

3 SOUTIEN AUX AGRICULTEURS : les agriculteurs peuvent manquer de ressources financières dans la phase de transition et pour l'achat d'équipements spécifiques; ils peuvent aussi avoir à faire face à une diminution provisoire de leurs revenus. La réglementation et des programmes gouvernementaux doivent soutenir les efforts des agriculteurs avec des primes et un appui actif aux organisations d'agriculteurs et aux réseaux. C'est instamment nécessaire en Afrique par exemple, où les agriculteurs ne sont pas organisés et n'ont donc aucun moyen de se faire entendre. Un autre appui instamment nécessaire pour les agriculteurs est la formation technique, qui doit prendre l'analphabétisme.

4 IMPACTS DES POLITIQUES: une politique pro-urbaine, des infrastructures rurales inadéquates, un manque d'accès pour les débouchés commerciaux et des subventions à l'importation ou à des pratiques non compatibles avec la CA peuvent décourager leur adoption. Les soutiens divers à l'agriculture doivent être compatibles avec la CA. Des efforts particuliers doivent être faits en Europe, où la politique n'est pas clairement en faveur de la CA et où les impacts négatifs de l'agriculture conventionnelle et les bénéfices de la CA sont ignorés et pas assez valorisés.

5 FACTEURS SOCIAUX : L'adoption de la CA peut aussi être retardée par beaucoup de facteurs sociaux comme des droits usuels, des systèmes de concessions de la terre peu durables, des usages sur le droit de pâturage, les brûlis qui se déplacent d'un champ à un autre, des habitudes séculaires de labour, etc. Donc, l'introduction des pratiques de CA doit prendre ces facteurs en considération et se concentrer d'abord dans des secteurs où ces contraintes ne sont pas les premiers facteurs de limitation, et où les solutions peuvent être facilement trouvées sur le long terme. Il y a aussi un besoin de rassembler une masse critique d'agriculteurs pour favoriser le processus d'adoption.

6 COMPÉTITION AVEC LE BÉTAIL : les systèmes de CA peuvent être difficiles à adopter lorsqu'il y a une grade pression du bétail sur les résidus de récolte. Cela a une importance particulière dans des secteurs semi-arides où la subsistance repose sur la production de grains et sur le bétail. Dans ces secteurs particulièrement, l'amélioration et la gestion des pâturages doivent être considérés et intégrés aux pratiques de CA.

7. PAYS IRRIGUÉS : les sols irriguées ont des contraintes spécifiques de ressources. L'adoption des pratiques de CA dans ce contexte spécifique nécessitent des acquisitions de connaissances complémentaires. Celles-ci pourraient être concentrés par exemple sur les ressources d'eau (la qualité, la quantité et la disponibilité) aussi bien que sur des problèmes de salinité.

8. SECTEURS SEMI-ARIDES : Aucune expérience n'a encore montré de résultats fiables; il y a un besoin de recherches nouvelles dans ces secteurs. En Afrique, les expériences avec le travail minimal du sol or traditional water harvesting technologies (Zaï or Tassa) montrent de bons résultats. Ces expériences pourraient être intégrées dans le concept de CA. Le manque d'eau est un problème, mais doit aussi être une motivation d'adoption de la CA.

9. EXPÉRIENCES LOCALES, RECHERCHE ET ESSAIS: des solutions inattendues à des problèmes pratiques (plantes de couverture adaptées, cultures inondées, gestion du bétail, etc) peuvent exister dans d'autres régions du monde, mais être ignoré à cause d'un déficit de circulation de l'information. Par exemple, il apparaît que beaucoup de fermiers en Afrique ont développé des pratiques qui pourraient être employées dans le cadre de la CA. Des efforts particuliers sont nécessaires dans le rassemblement d'expériences et leur mise à disposition. Il y a aussi un besoin de recherche et développement, notamment quant aux problèmes de compétition avec le bétail, dans les secteurs irrigués, les secteurs semi-arides, les plantes de couverture et la gestion des mauvaises herbes. Pour réaliser cela, un changement d'état d'esprit et une meilleure prise de conscience des institutions et de la recherche est nécessaire.

CONCLUSIONS

Quand 800 millions de personnes souffrent toujours de la faim, la seule voie pour augmenter la production agricole est de soutenir les systèmes agricoles qui sont productifs, profitables et durables.

L'objectif des agriculteurs est de continuer à vivre sur des ressources agricoles au lieu de changer d'activité ou de migrer pour trouver des revenus et survivre, alors que les pratiques conventionnelles mènent à la dégradation des sols et à la baisse des rendements et des revenus. Le souci principal des gouvernements, des organisations non gouvernementales et des organisations internationales doit être d'améliorer les revenus tout en protégeant les ressources naturelles. Le rôle principal des scientifiques et du secteur privé doit être de développer des technologies appropriées et accessibles, et compatibles avec ces objectifs.

L'agriculture de Conservation est basée sur une couverture du sol permanente, des rotations des cultures et la réduction ou l'élimination du travail du sol. La mise en oeuvre de ces principes a été adaptée par des agriculteurs, des scientifiques, des organisations non gouvernementales et le secteur privé pour des situations spécifiques, d'abord sur le continent américain. Beaucoup d'autres pratiques adaptées se développent maintenant dans le monde entier : en Afrique, en Asie et Asie Centrale, en Océanie et en Europe. L'agriculture de Conservation est reconnue par les participants aussi bien que par beaucoup de personnes dans le monde entier, agriculteurs, institutions, scientifiques, politiciens, secteur privé et organisations internationales, comme un système gagnant-gagnant qui procure des rendements plus élevés, des dépenses réduites en intrants et une économie de travail. C'est un système durable au plan économique, social et environnemental.

Cependant, l'adoption de CA peut être retardée par un contexte défavorable : manque d'associations d'agriculteurs, compétition avec le bétail dans l'utilisation des résidus de récolte; accès réduit aux intrants de qualité et aux équipements; manque de connaissance et déficit de semences de plantes de couverture appropriées; appui insuffisant de la part des institutions en raison d'un manque de connaissances sur l'Agriculture de Conservation ; droits et pratiques agraires usuels; droits d'utilisation de la terre peu durables; politiques inopportunes qui favorisent les pratiques conventionnelles, politiques trop pro-urbaines; infrastructures rurales inadéquates et manque d'accès aux marchés, etc.

Il y a donc un besoin urgent à développer et globaliser les connaissance de l'Agriculture de Conservation par une approche interdisciplinaire incluant des entrées scientifiques, sociales, politiques et économiques et à explorer les occasions de gérer et transférer cette connaissance. Dans ce processus, l'information des agriculteurs et leur formation pratique sont un enjeu majeur tout comme leur organisation en groupes ou associations. Leur soutien par des subventions, des réglementations adaptées et des supports gouvernementaux est fondamental, surtout pendant la période de transition. La labellisation de l'alimentation peut aussi aider à l'adoption des pratiques de CA en leur donnant une reconnaissance mondiale et en contribuant à soutenir les agriculteurs qui les ont adoptées.

A la fin du congrès, une Déclaration a été rédigée et soumise aux participants. La délégation brésilienne a proposé d'accueillir le 2ème congrès mondial en 2003. La date et le programme seront décidés dans un proche avenir. Ce congrès sera l'occasion de présenter les avancées dans l'adoption des pratiques de Conservation Agriculture ainsi que les nouvelles solutions apportées aux problèmes clés mis en évidence lors du premier congrès.

1er congrès mondial sur l'Agriculture de Conservation
DÉCLARATION FINALE

Organisations Internationales, associations d'agriculteurs, institutions scientifiques, secteur privé, organisations non gouvernementales de plus de 70 pays, tant du monde développé que des pays en voie de développement ont participé au 1er Congrès Mondial sur l'Agriculture de Conservation à Madrid, le 1-5 octobre 2001. Son objectif principal était de réfléchir sur et de promouvoir l'adoption mondiale des principes et des pratiques localement appropriées d'Agriculture de Conservation.

De nombreuses expériences réussies d'Agriculture de Conservation conduisent à son adoption rapide dans le monde entier, dans de nombreuses zones agro-climatiques, des tropiques humides aux steppes de l'Asie Centrale. L'adoption de ces techniques augmente la production agricole et réduit les coûts de production tout en conservant voire en augmentant les ressources naturelles : sol et eau. Ces bénéfices permettent d'assurer des revenus stables pour les agricultures du monde développé comme pour celles du monde en développement, ainsi que le développement des productions alimentaire, de fibres et d'énergie domestique pour une population en augmentation. Ces techniques sont donc l'un des moyens de réduire la pauvreté.

L'agriculture conventionnelle inclut des pratiques comme la combustion des résidus de récolte ou le retournement profond du sol pour contrôler les mauvaises herbes et préparer le lit de semence. Ces pratiques ne sont souvent pas durables puisqu'elles augmentent considérablement la dégradation du sol, favorisent le tassement, l'érosion et la contamination des eaux par des sédiments, menaçant la fertilité et la productivités des sols, l'environnement et la santé humaine. De plus, elles produisent des émission de dioxyde de carbone supplémentaire (CO2), une diminution de la quantité de matière organique, contribuant ainsi au réchauffement global de l'atmosphère. Les impacts défavorables de ces pratiques agricoles se sont manifestés dans le monde entier par une dégradation accélérée de beaucoup d'écosystèmes naturels, une diminution de la biodiversité et une augmentation des risques de désertification dans les secteurs les plus vulnérables.

L'adoption des principes d'agriculture de conservation peut contribuer à réduire ces impacts défavorables. L'agriculture de conservation aspire à reproduire des processus naturel grâce au maintien d'une couverture du sol permanente, constituée d'une plante de couverture ou par des résidus de récolte. Pour minimiser les perturbations du sol, le semis est réalisé en direct (direct seeding/planting, no-till, zero tillage). Cependant, les techniques culturales simplifiées (minimum tillage, non inversion tillage) sont une méthode alternative pouvant être recommandées si nécessaires. Les rotations des cultures, judicieusement choisies, améliorent l'état sanitaire des sols et leur fertilité. Ces techniques favorables à la qualité de l'environnement altèrent le moins possible la biodiversité et la structure du sol et augmentent la capacité d'infiltration et de rétention d'eau ce qui contribue à réduire l'érosion et la contamination des eaux.

L'Agriculture de Conservation représente davantage qu'un simple changement d'itinéraire technique en embrassant un concept holistique d'agriculture combinant les caractéristiques de base de la production avec ceux de la conservation. Ce concept est au cœur de l'agriculture durable et du développement rural raisonné grâce à l'intégration de la biodiversité, la polyculture, la diversification des productions, l'utilisation efficace des ressources. Cela conduit à une agriculture productive au bénéfice de la sécurité d'approvisionnement et de la réduction de la pénibilité, spécialement pour les femmes. Tous ces bénéfices économiques, sociaux et environnementaux justifient une réévaluation fondamentale des méthodes traditionnelles d'agriculture. On doit donc considérer l'Agriculture de conservation comme un thème transversal pour les Organisations et les Gouvernements.

Ce Congrès lance un appel aux politiciens, aux institutions internationales, aux écologistes, aux agriculteurs, à l'industrie et à la société dans son ensemble, pour qu'ils reconnaissent que la conservation des ressources naturelles est de la co-responsabilité, hier, aujourd'hui et demain, de tous les secteurs de la société proportionnellement à leur consommation de ces ressources.
Il s'adresse par ailleurs à la société, à travers ces dépositaires, pour concevoir et mettre en oeuvre des stratégies à long terme appropriées et soutenir et développer ces concepts d'Agriculture de Conservation comme les moyens les plus appropriés d'assurer la préservation durable de la fertilité des sols pour continuer à produire de la nourriture et d'autres produits agricoles, et de conserver nos ressources naturelles.
Il s'ensuit que ces services environnementaux rendus par les agriculteurs doivent être reconnus et indemnisés par la société.


PLAN D'ACTION

En concordance avec les conclusions du Congrès et afin d'exploiter au mieux les bénéfices potentiels de l'Agriculture de Conservation, les participants du Congrès déclarent que les mesures suivantes doivent être prises:

I. Les gouvernements nationaux et les organisations internationales doivent encourager, à tous les niveaux, les changements de mentalité exigés, aussi bien que la coopération et des échanges, créer des synergies et éviter la duplication d'efforts. Des associations d'agriculteurs comme CAAPAS et des réseaux (RELACO pour l'Amérique latine, l'ACTE pour l'Afrique, SACAN pour l'Asie, ECAN pour l'Eurasie) doivent être encouragées et renforcées aux niveaux nationaux et internationaux puisqu'ils constituent les moyens les plus efficaces de dissémination et de développement des technologies d'Agriculture de Conservation. Les activités et les acquis de ces réseaux et groupes de travail pourraient être présentés comme un progrès pour le Deuxième Congrès Mondial.

II. La Promotion de l'Agriculture de Conservation doit souligner l'augmentation de la productivité des sols, des perspectives de diversification et des profits accrus pour l'agriculture de subsistante comme pour l'agriculture commerciale. Ces bénéfices doivent être signalés aux organisations nationales et internationales tout comme les bénéfices globaux en termes de ressources de terres cultivables, de santé et d'environnement.

III. Les organisations internationales doivent collaborer dans le développement de définitions communes et de directives pour caractériser les bénéfices obtenus grâce à l'Agriculture de Conservation et développer des mécanismes de soutien pour encourager leur adoption.

IV. Des organisations internationales doivent encourager la coopération sud-sud et sud-Nord, et notamment la circulation d'informations, d'expériences et d'outils en provenance d'Amérique du Sud qui pourraient être rapidement développées en Afrique et en Asie.

V. Les secteurs publics et privés ainsi que les organisations non gouvernementales doivent activement collaborer avec les agriculteurs dans le développement des technologies de l'agriculture de conservation, telles qu'une information adaptée et accessible, des pratiques, des outils, des semences et des produits de protection des plantes. Une attention particulière doit être apportée à la mise au point de produits de protection des plantes surs d'emploi pour les agriculteurs des PVD.

VI. Le rôle du secteur public doit être de promouvoir l'Agriculture de Conservation en tant que politique institutionnelle, et d'encourager les échanges entre les différents services concernés, ceci afin de fournir les mécanismes de soutiens publics appropriés pour :
§ reconnaître les bénéfices publics de l'Agriculture de Conservation incluant la conservation des ressources naturelles (l'eau, le sol, la diversité biologique), la protection de l'environnement, la réduction des inondations et des dégâts causés aux infrastructures civiles et qui résultent des pratiques agricoles,
§ indemniser les agriculteurs pour ce service et les aider à faire face aux dépenses nécessaires afférents à la transition, notamment l'achat de matériels spécialisés.
§ Financer la recherche et le développement avec l'aide du secteur privé
§ soutenir l'accès aux connaissances des conseillers agricoles et des agriculteurs
§ mettre en oeuvre des campagnes d'information et des réglementations pour encourager l'Agriculture de Conservation comme pour décourager les pratiques inopportunes
§ fournir des infrastructures appropriées pour faciliter le transport, le traitement, la distribution et si nécessaire, l'exportation de la production agricole excédentaire
§ soutenir l'adoption et la conservation de ces techniques au niveau local par la législation, des motivations(primes) et l'octroi de crédits

Ces mesures doivent être liées avec la législation existante et d'autres instruments appropriés comme la Convention des Nations Unies contre la Désertification.

VII. Il est important que la promotion d'Agriculture de Conservation dans un secteur commence au niveau local, à petite échelle et dans un environnement favorable avant une dissémination plus large. Les activités doivent être basées autour des traditions, connaissances et expériences locales, et doivent fournir de l'information, de l'éducation, de la formation pratique et des infrastructures pour développer des pratiques locales adaptées aux concepts d'Agriculture de Conservation. Ces activités doivent être dirigées vers les agriculteurs, les travailleurs agricoles, les techniciens et les agronomes, tant hommes que des femmes.

VIII. La promotion de l'Agriculture de Conservation doit tenir compte des problèmes de compétition du bétail, particulièrement dans des secteurs semi-arides. Cela inclut la promotion d'alternatives au surpâturage et l'intégration de pâturages de haute qualité dans des projets d'Agriculture de Conservation.

IX. Les représentants de diverses organisations présentes au congrès doivent développer des collaborations et mettre en oeuvre des actions qui seront présentées lors du Deuxième Congrès Mondial que la délégation Brésilienne s'est proposée d'accueillir.

X. À court terme, les actions suivantes pourraient être amorcées:
. un Forum de Discussion pourrait être rapidement créé au sein du groupe de travail Agriculture de Conservation de la FAO pour faciliter et renforcer les échanges internationaux
. des contributions conséquentes doivent être préparées pour le conventions internationales et des événements comme l'Agenda 21, ses conventions (CSD, UNCCD, UNCBD, UNFCCC), le Sommet du Monde sur le Développement Durable (Rio+10) du 2 au11 septembre 2002 à Johannesburg, et des conventions mondiales sur l'environnement. Cela doit être activé impérativement avant la fin octobre 2001
. une synergie spéciale avec le Protocole de Kyoto doit aussi être examinée pour que la séquestration du carbone via l'Agriculture de Conservation puisse devenir une motivation substantielle à le faire aboutir.

PROGRAMME

Session plénière 1: Avantages globaux de la Conservation des sols

Chairman: Dr. Parviz Koohafkan (FAO, Italy)

Vice-chairman & Session organiser: Dr. Victor Jordan (ECAF-SMI, UK)

·        Sécurité/autosuffisance alimentaire et conservation des sols: Dr. Louise Fresco (FAO, Italy)
·        Les nouveaux challenges de la production alimentaire mondiale: Dr. Norman Borlaug (The Carter Center, USA)
·        Perspectives économiques et règlementaires pour la promotion de la conservation des sols: Dr. John Hebblethwaite (Conservation Technology Information Center, USA)
·        Impacts environnementaux de la conservation des sols: Dr. Donald C. Reicosky  (United States Department of Agriculture, USA)
·        Agriculture et environnement: une vision européenne: Mr. José Manuel Silva (EU Commission, Belgium)

Session plénière 2: Témoignages et experiences d’agriculteurs pratiquant la conservation des sols

Chairman: Mr. Michael Hamell (DG Environment-EU, Brussels)

Vice-chairman & Session organiser: Dr. Friedrich Tebruegge (ECAF-GKB, Germany)

a) Amérique du Sud:  Dr. Carlos Crovetto (Sociedad de Conservación de Suelos de Chile, Chile) and Dr. Victor Trucco (Asociación Argentina de Productores en Siembra Directa-AAPRESID, Argentine)
b) USA: Dr. Grant Thomas (University of Kentucky)
c) Union Européenne: Dr. Gabriela Cruz (APOSOLO, Portugal)
d) Afrique: Dr. Peter W. Mtakwa (Department of Soil Science, Tanzania)
f) Australie & Asia: Dr. John Baker (CINTRE, New Zealand)
g) Canada: Dr. Robert Bradley (Agriculture and Agri-Food Canada, PFRA)
i) Espagne: Mr. Alejandro Tapia (Asociación Burgalesa de Laboreo de Conservación-ABULAC)

3. Un réseau international pour la conservation des sols

Chairman: Mr. Tomás Garcia Azcarate (DG Agriculture-EU, Belgium)

Vice-chairman & Session organiser: Dr. Wolfgang Sturny  (ECAF- Swiss No Till, Switzerland)

            Participants:

q       Food and Agriculture Organization of the UN (FAO): Dr. José Benites (FAO, Rome)
q       European Conservation Agriculture Federation (ECAF): Dr. Luis Garcia Torres (Europe)
q       Red Latinoamericana de Agricultura Sostenible (RELACO): Dr. Milton da Veiga (South America)
q       Confederación de Asociaciones Americanas para la Agricultura Sustentable (CAAPAS): Dr. Manoel Henrique Pereira (South America)
q       African Conservation Tillage Network - ACT: Dr. Kurt Steiner & Dr. Richard Fowler
q       Conservation Technology Information Center (CTIC): Dr. John Hassell (USA)
q       International Maize and Wheat Improvement Center (CIMMYT): Dr. Larry Harrington (México)
q       Central Asia: Dr. Akhylbek Kureshbayev (Kazakh Research Institute of Cereals Kazhastan)
q       Australia: Dr. Geoffrey Marshall-Hyden (Western Australian No tillage Association Australia)
q       International Centre for Research in Agroforestry ICRAF: Dr. Dennis P. Garrity
q       Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement CIRAD: Dr. Lucien Séguy

Session Thématique 1. Innovations récentes en conservation des sols:

Chairman: Dr. Eusebius Mukhwana (Sacred Africa, Kenya)

Vice Chairman: Dr. Theodor Friedrich (FAO, Italy)

Vice-chairman & Session organiser: Dr. Mario Carvalho (ECAF-APOSOLO, Portugal)

a) Techniques culturales simplifiées, semis direct et technologies associées: Dr. Rolf Derpsch (Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit GTZ, Germany)
b) Plantes de couvertures: Dr. Ademir Calegari (Agronomic Institute – IAPAR, Brazil)
c) Gestion de la fertilisation:
d) Weed management: Dr. John Nalewaja (North Dakota University, USA)
e) Systèmes de cultures: Dr. Adel El Titi (State Institute for Plant Protection, Germany)
f) Agriculture et élevage intégré/Livestock: Dr. Paul Mueller (North Carolina State University, USA)

Session thématique 2. Adaptation des fournisseurs de aux techniques de conservation des sols:

Chairman: Dr. C.J. Baker (CINTRE, Australia)

Vice-chairman & Session organiser: Dr. Alain Revel (ECAF-APAD, France)

 

a) Les nouveaux équipements et matériels pour les grandes exploitations. Keith Saxton (United States Department of Agriculture, USA)
b) Equipements pour les petites exploitations: Dr. Maria de Fatima Ribeiros (Agronomic Institute – IAPAR, Brazil)
b) Agriculture intégrée et conservation des sols: Dr. Alastair Leake (CWS Farms Group, UK)
c) Sélection de semences et conservation des sols: Dr. Kevin Zaychuck (Grow Tec Inc, Canada)
d) Agriculture de précision. Bruno Basso (Universita' degli Studi della Basilicata, Italy)

Session Thématique 3. Influence de la conservation des sols sur l’environnement:

Chairman: Dr. Pedro Calvo Poch, Consejero de Medio Ambiente, Regional Government of Madrid (Madrid, Spain)

Vice-chairman & Session organiser: Dr. Michele Pisante (AIGACoS, Italy)

a) Emission de CO2 et séquestration de carbone:
b) Contamination des eaux par lessivage: Dr. Andreé Carter (University of Essex, UK)
c) Erosion et structure des sols: Dr. Friedrich Tebruegge (GKB, Germany)
d) Biodiversité et agriculture: Dr. Diva de Souza Andrade (Agronomic Institute –       IAPAR, Brazil)
e) Circulation de l’eau dans le sol: Dr. Francis Shaxon (Association for Better Land Husbandry, UK)
f) Labour et compaction des sols: Dr. Des McGarry (Department of Natural Resources, Queensland Government, Australia)
g) Agriculture conventionnelle et désertification: Dr. José Luis Rubio (President European Soil Conservation Society, Spain)

Session thématique 4. Perspectives socio-économiques et législation 

Chairman: Dr. Jules Pretty (Director of Centre of Environment and Society, UK)

Vice-chairman & Session organiser: Dr. C. Pieri (World Bank, USA)

a) Mondialisation et conservation de sols: Le cas du  Mercosur: Dr. Roberto Peiretti (AAPRESID, Argentine)
b) Evolution des politiques agri-environnementales dans l’Union Européenne: Mr. Michael Hamel (EU Commission, Belgium)
c) Les politiques de conservation des sols aux USA: Dr. Fred Woods (USDA-Cooperative State Research, USA)
d) Evolution des politiques agri-environnementales dans les PVD: Mr. Michael Carroll (World Bank, USA)
e) Strategies de promotion des techniques de conservation des sols au plan national et local: Dr. F. Dauphin (FAO, Italy)

Session thématique 5. Developpement, sécurité alimentaire et reduction de la dépendance énergétique

Chairman: OCDE representative

Vice-chairman & Session organiser: Dr. Klaus D. Johnson (ECAF-FRDK, Denmark)

a) La cooperation internationale: Dr. C. Pieri, (World Bank, USA)
b) Etude de cas en cooperation internationale: Dr. Sarah Earl (International Development Research Centre, Canada)
c) Des options gagnantes pour la sécurité alimentaire: conservation des sols, fertilité et séquestration du carbone: Dr. Parviz Koohafkan (FAO, Italy)
d) Prévention des accidents climatiques: World Food Programme

 

 

CONFERENCE CARLOS CROVETTO du 8 octobre 2001 à Montlouis

 

Pour sa venue exceptionnelle en France,Carlos Crovetto spécialiste mondial du non labour et auteur du livre
" Les fondements d'une agriculture durable " a donné une conférence le 8 octobre 2001 à St Martin Le Beau devant 300 agriculteurs.
Carlos Crovetto est agriculteur au Chili et président fondateur de la société de conservation des sols du Chili. Il pratique le non labour puis le semis direct sous couvert depuis 30 ans sur son exploitation de Chequén d'une surface de 394 hectares. Carlos Crovetto a beaucoup insisté sur la nécessité de nourrir le sol comme on nourrit un animal. Pour lui, on doit laisser sur le sol l'intégralité des résidus de récolte. Sur son exploitation, il a constaté en 40 ans, une véritable renaissance de ses sols. Plus précisément, les bénéfices qu'il a constaté chez lui sont:

q       amélioration de la structure du sol
q       stockage du CO2 atmosphérique par accroissement de la matière organique
q       arrêt de l'érosion
q       mise en valeur des sols les plus pauvres
q       réduction des apports d'engrais
q       réduction des besoins en eau
q       réduction du temps de travail par hectare
q       réduction du parc et de la puissance matériel
q       amélioration des rendements
Carlos Crovetto a écrit un ouvrage "Les fondements d'une agriculture durable" dans lequel il confesse toutes ses observations et ses conseils pratiques. Cet ouvrage traduit en anglais et en français a reçu les prix "Honor Award" et "Fellow Award" de la Soil and Water conservation Society. Il est disponible auprès de Farming Communication à:farming@wanadoo.fr

L'aprés-midi s'est déroulée sur deux parcelles de l'exploitation de Jean-Claude Quillet à Montlouis ou les participants ont pu observer, gràace à des fosses creusées, la bonne structure de sol obtenue par plusieurs années de non labour puis de semis sous couvert permanent. Les parcelles visitées, en bordure du Cher, sont régulièrement inondées. Le couvert permanent (seigle, triticale, avoine) amène une absence d'érosion, une meilleure pénétration des racines, une meilleure infiltrabilité de l'eau, plus de portance. Ces terres en tous cas peuvent maintenant être cultivées et donnent des rendements dans la moyenne de l'exploitation.