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29/01/2021- Webinaire "Certifications environnementales et agro-écologie"

L'association Terre de Seine Normandie propose un webinaire afin de découvrir l'association et les différents accompagnements qu'elle propose : certification ISO 14001, formations réglementaire, adhésion à l'APAD pour des formations techniques et l'accès au label ACS.  

Lors de ce webinaire, un planning de formation sera proposé par Terre de Seine Normandie. Cliquez ici pour consulter le programme de formation. 

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15/01/2021 - Dans les coulisses de la visite présidentielle et ministérielle du 12 janvier 2021

Nous remercions Michel Galmel, adhérent de l’association Terre de Seine Normandie*, d’avoir accepté de nous donner sa version de cette visite, qui a permis de mettre en lumière positivement l’agro-écologie et  notamment l’Agriculture de Conservation des Sols.

Plus d’information sur la ferme de Michel Galmel ici : https://www.fermedesruelles.com/

*association qui a rejoint le Réseau APAD en décembre 2020.

 

1/ Peux-tu nous présenter ta ferme et ta démarche en tant qu’agriculteur, comme tu as pu le faire au Président de la république et aux Ministres le 12 janvier dernier ?

En 1992, dans un contexte compliqué à tous les points de vue, je suis revenu avec mon épouse sur la ferme familiale de 60ha. J’ai vite compris que si je voulais assurer la pérennité de cette petite ferme, à laquelle je suis très attaché, il allait falloir que j’apporte des changements profonds. J’ai d’abord cherché à diversifier au-delà de la production céréalière = implantation de vergers, création d’une cidrerie en circuit court, accueil à la ferme en chambre d’hôte, plantation de haies mais aussi une production de bois d’œuvre et d’énergie verte. J’ai tout de suite voulu me projeter vers une durabilité globale, sur le long terme = écologique, économique, sociale et territoriale. Même si pour moi l’objectif à long terme était clair, j’ai pris le soin d’apporter les changements progressivement sur la ferme, aussi bien au niveau organisationnel et technique. Avec une finalité: celle d’être en harmonie avec la nature plutôt que de vouloir la contrôler.

J’ai donc progressivement adopté une agriculture raisonnée sur mes vergers, puis j’ai apporté des changements sur la production de céréales en pratiquant de l’agriculture de conservation des sols, qui représentait pour moi un véritable levier pour avancer. J’ai choisi en effet l’agriculture de conservation des sols, d’abord sur quelques parcelles puis très rapidement sur toute ma ferme, depuis 6 ans.Ce choix est parti du constat suivant : il faut à tout prix faire vivre et protéger les 8 premiers cm du sol, sans labour ni aucun travail même superficiel. Et couvrir en permanence ce sol et adopter de bonnes rotations. Et ensuite tout le reste suit, la biodiversité revient petit à petit. Et les résultats sont là. Aussi bien économiques (baisse de charges d’exploitation et rendements satisfaisants malgré les conditions climatiques) et environnementaux (je calcule d’ailleurs différents indicateurs de biodiversité avec l’appui de scientifiques).

J’ai bien sûr été confronté comme beaucoup aux doutes, aux échecs, aux regards perplexes de mes voisins. Mais j’ai pu m’entourer. Et surtout partager, transmettre. C’est fondamental pour moi, aussi bien avec mes collègues agriculteurs (avec lesquels j’ai mis en place des collaborations et des investissements en commun) et avec les visiteurs, que j’accueille en nombre sur la ferme chaque année.  J’ai entamé l’agroforesterie en 2017, c’était pour moi, une  suite logique pour avoir un nouveau réservoir de biodiversité  et  renforcer les effets positifs de l’ACS. Je suis aussi de plus en plus sensible à l’équité sociale et l’impact de mes choix et des actions mises en place sur ma ferme sur les générations futures et le long terme. Je cherche par exemple constamment à diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires lorsque cela est possible.

Au-delà de mon engagement écologique, je suis évidemment dans une démarche de plus-value et de réussite économique. Il faut donc concilier les deux, ce qui passe d’abord par une compréhension des écosystèmes. C’est ce déclic du besoin de « travailler » avec la nature qui m’a permis de réussir aussi économiquement, les deux ne sont pas incompatibles, bien au contraire !

 

2/ Quand as-tu été contacté pour cette visite officielle et comment ?

Une semaine avant la visite, mon téléphone a sonné. C’était le cabinet du Ministre Julien de Normandie qui m’indiquait qu’ils avaient présélectionné ma ferme pour une visite officielle, en lien avec le sommet mondial « One Planet ». Ils souhaitaient visualiser des actions concrètes déjà en place chez des agriculteurs engagés, en lien avec la biodiversité et la lutte contre le réchauffement climatique. Mon engagement au sein du GIEE agroforesterie de l’Eure les intéressait, mon site internet les avait apparemment séduits.

Ils sont d’abord venus le lendemain pour une pré-visite. Dès le vendredi ils m’ont rappelé pour confirmer la visite du Ministre de l’Agriculture, Julien de Normandie, de la Ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompilli,  et du Ministre Sébastien Lecornu, député de ma circonscription. Et le dimanche midi (2 jours avant la visite !) ils m’ont indiqué que le Président Emmanuel Macron serait de la visite. Le trouillomètre était déjà à zéro alors là, la pression est encore montée de  deux  crans ! A ce moment là, je me suis vraiment demandé dans quelle galère je m’étais fourré !

 

3/ Justement, as-tu hésité à accepter ce défi ?

Non pas du tout! Je dis toujours oui lorsqu’il s’agit de partager ce que je fais, de parler de durabilité au global.  Je suis  fier de partager et de transmettre, et heureux de pouvoir mettre en lumière l’Agriculture de Conservation des Sols et mes autres choix agro-écologiques.

 

4/ Quel a été le déroulé de la visite ?

J’ai vraiment pu choisir les parcelles à visiter, les points importants, l’organisation de la visite. Bien sûr le temps était compté (j’ai d’ailleurs beaucoup débordé je crois !) et les changements dans le planning ont eu lieu jusqu’à la dernière minute. J’ai d’abord commencé par les vergers, les haies, mes nouvelles activités de maraichage (en vue d’installer un jeune hors cadre familial)et d’une conserverie (nouvelle activité lancée avec  ma fille dans deuxième temps).

Puis je les ai emmenés sur des parcelles en  Agriculture de Conservation des sols, en montrant un profil cultural. Le sol était riche, bien structuré, rempli de vers de terre, avec de belles galeries. Les couverts étaient bien réussis encore à cette période de l’année, avec de nombreuses espèces mélangées (phacelie, radis chinois, vesce, trèfles, petit pois etc..…). Une belle démonstration d’un sol en bonne santé !

Nous avons aussi vu les couverts d'un futur tournesol, pâturés par des brebis dans le cadre d’un partenariat avec une bergère. J’ai souhaité finir par une parcelle moins réussie, avec un passif ray-grass assez lourd, en raison des conditions climatiques de l’été dernier  qui n’avaient pas permis à mes couverts d’étouffer les mauvaises herbes C’était important pour moi de montrer que même si je suis dans une logique de réductions des intrants chimiques, voire pourquoi pas à terme de suppression, que  j’ai encore besoin de ces outils chimiques pour éviter par exemple l’infestation de mauvaises herbes, et les conséquences ensuite sur mes parcelles et mes rendements.

J’ai ainsi pu expliquer que nous n’avons pas de baguette magique, qu’on ne maîtrise pas la météo. Et que même si on teste des pistes, on doit y aller pas à pas.

 

5/ Quel était le message prioritaire que tu souhaitais passer ?

Je voulais montrer que l’on peut rechercher à la fois  l’équilibre écologique et la durabilité économiqueOn peut produire de mieux en mieux, partout. L’agriculture de conservation des sols et les autres pratiques agro écologiques sont déjà des solutions mises en œuvre concrètement par les agriculteurs. La solution se trouve dans la nature, pas forcément  dans de nouvelles technologies. A mon avis le plus important, c’est d’abord de remettre la biodiversité dans les parcelles.

 

6/ As-tu eu le sentiment d’être entendu et écouté ?

Oui, je pense. D’ailleurs le Président et les Ministres sont déjà bien informés et sensibilisés. Ils ne découvrent pas, même s’ils ont posé beaucoup de questions.  Ils étaient heureux de constater sur le terrain des actions  déjà mises en œuvre. J’ai vraiment senti une bonne écoute, une bienveillance, un encouragement. Nous avons montré  des solutions locales, en phase avec un problème global. Sur le sujet particulier du glyphosate, il me semble qu’il a bien en tête que cet outil nous permet de ne plus labourer et donc de laisser plus de biomasse vivante toute l’année, ce qui permet de stocker plus de carbone. Et de ramener  la biodiversité. Je crois que le Président a bien compris notre réalité, nos enjeux, et la nécessité de sortir de la stigmatisation et des dogmes. Et surtout qu’il a en intégré les contraintes qui s’imposent à nous, avec un besoin d’accompagnement sur la durée. J’ai aussi apprécié les messages portés par le Président, sur le fait qu’il n’y a plus  de modèle unique, mais au contraire différents modèles  avec, par contre, un même objectif. 

 

7/ Si tu devais ne retenir qu’un mot à propos de cette visite ?

Ecoute, respect, volonté de sortir des débats clivants (désolé ça fait 3 !).

 

8/ Une anecdote à propos de cette visite ?

Ce qui m’a amusé : le Président a insisté pour aller saluer ma mère à la fin de la visite (sans tenir compte de l’avis de son staff qui était très pressé).  Et aussi le Président qui m’abrite avec son parapluie pendant notre échange (la météo n’était pas au rendez-vous ce jour-là malheureusement !).

 

9/ Les réseaux sociaux ont beaucoup parlé de cette visite (plus de 50 000 vues sur twitter), qu’en as-tu pensé ?

On m’avait demandé une discrétion absolue pour une visite très privée. Je n’ai absolument pas pu communiquer en amont. Je ne suis pas très branché Réseaux sociaux mais j’ai su que cette visite a beaucoup fait parler. Il faudra que j’aille jeter un coup d’œil à l’occasion !

 

10/ Et maintenant, en tant qu’agriculteur, qu’attends-tu concrètement du gouvernement pour soutenir les actions que tu portes sur ta ferme ?

Aujourd’hui, pour beaucoup d’entre nous, produire  en agriculture de conservation des sols est d’abord une démarche volontaire, qui  est le  fruit de réflexions, de constats. Il faut absolument encourager cela ! C’est aussi une nouvelle façon de produire où tout est à apprendre. Nous avons donc besoin d’accompagnement, de références techniques. Ces travaux d’accompagnement doivent être  menés en concertation avec nous, les premiers concernés : les  agriculteurs.

Un autre enjeu important est celui du carbone stocké grâce à nos pratiques agricoles : le carbone et la matière organique c’est notre fil conducteur. On doit comprendre où nous en sommes, comment l’optimiser. Le gouvernement peut nous y aider. Et pourrait également mettre en place des leviers incitatifs pour augmenter ce carbone, au profit du développement d’une agriculture plus durable, tout en évitant les effets d’opportunisme économique qui n’auraient pas de sens par rapport à un objectif global long terme !

  

04/01/2021 - Le mot du président de l'association Terre de Seine Normandie, Mathieu Roussel 

L'association Terre de Seine Normandie a vu le jour en 2007. Ce collectif d'agriculteurs des Yvelines, de l'Eure et de la Seine Maritime met en œuvre la certification ISO 14001 sur leurs entreprises. L'application de cette norme nous permet de mettre en conformité nos corps de ferme, vis à vis de nos déchets et de nos différents rejets dans l'environnement. Elle nous permet d' améliorer les relations avec nos salariés (formation, document unique, …) et de manière plus générale elle nous conduit à nous interroger sur nos pratiques agricole.

Après un peu plus de 10 ans de travail beaucoup de nos membres ont fait évoluer ces pratiques avec malheureusement un très gros manque de reconnaissance de la part de l'aval de nos fermes.

L'opportunité de rejoindre l' APAD est pour nous l'occasion de reconnaître en partie le travail accompli tout en partageant certaines valeurs communes. En effet nous sommes deux associations composées d'agriculteurs, nous cherchons à faire reconnaître le travail de nos adhérents et que les fruits de celui-ci leur reviennent directement.

La norme ISO 14001 nous permet aujourd'hui d'obtenir le niveau 2 de la certification Haute Valeur Environnementale. Nous pensons que le label au cœur des sols peut être un bon levier pour faire reconnaître auprès de l'opinion public les efforts faits par les agriculteurs pour faire évoluer leur pratiques culturales.

La rémunération du stockage de carbone sera quant à elle le moyen de valoriser les efforts que nous accomplissons.

L' APAD de par son expérience en agriculture de conservation des sols et son réseau national est pour nous un support technique important dont notre association pourra se faire le relai auprès de tous les agriculteurs de notre région sensibilisés par l'impact de leurs pratiques sur notre environnement.

Les aspects sociaux, environnementaux et économiques étant pour nous gage d' une durabilité forte pour nos fermes.


En savoir plus sur cette association 

Localisation des adhérents

Les différentes activités des exploitations de l'association : 

- Céréales et oléoprotéagineux 
- Pomme de terre de plant ou de consommation 
- Lin et betterave sucrières
- Elevage avicole, porcin et bovin 
- Plateforme de compostage 
- Production d'énergie photovoltaïque